Chirac plaide à Ryad contre le "choc des ignorances"

le 05 mars 2006 à 14h19 , mis à jour le 05 mars 2006 à 21h58

Au second jour de sa visite en Arabie Saoudite, Jacques Chirac a apporté son soutien au mouvement de réformes et appelé à faire échec à ceux qui "attisent le feu des fanatismes" et provoquent "un triste choc des ignorances". Le chef de l'Etat n'a pas manqué de vanter le savoir-faire des entreprises françaises.

Chirac a Ryad

Au deuxième jour de son voyage en Arabie Saoudite, Jacques Chirac à prononcé un discours devant le Conseil consultatif. C'est le premier dirigeant étranger admis à le faire. Le Président en a profité pour exprimer "le soutien de la France à la direction dans laquelle le roi Abdallah a engagé son pays". Le chef de l'Etat français a affirmé la solidarité de la France avec la lutte que mène le roi, "avec le courage et le succès que l'on sait", contre le terrorisme. Sous l'impulsion du roi Abdallah, qui a succédé en août 2005 au roi Fahd, l'Arabie saoudite, premier producteur et exportateur de brut, a aussi entrepris une modernisation en profondeur par des réformes prudentes afin de préserver la stabilité de cette société ultra-conservatrice. Elle a adhéré à l'OMC, et les Saoudiennes, qui ne peuvent toujours pas conduire et restent victimes de multiples discriminations, ont pu participer aux élections aux Chambres de Commerce et d'Industrie de Djeddah (ouest) et de la province orientale.

Dans une apparente allusion au numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Zawahiri, qui a appelé les musulmans à boycotter les pays occidentaux ayant publié les caricatures controversées du prophète Mahomet, M. Chirac a plaidé pour "le respect de l'identité, de la culture et des croyances de chacun". Il a appeléa aussi à faire échec à ceux qui "attisent le feu des fanatismes" et provoquent "un triste choc des ignorances". Le président de ce Conseil, cheikh Saleh ben Humaïd, a vanté en retour les orientations de la politique étrangère française.

Un marché envié

Le président français, n'a pas oublié pour autant de vanter le savoir-faire des entreprises françaises, regrettant "la relative faiblesse des exportations françaises et des investissements français dans le Royaume". La France espère, avec cette visite, faire avancer les discussions sur d'importants contrats de défense, notamment la fourniture d'un système de surveillance électronique des frontières (projet Miksa), ainsi que l'éventuelle vente d'avions de combat Rafale, fabriqués par le groupe Dassault. Les exportations françaises en Arabie saoudite s'élèvent à 1,3 milliard d'euros, contre 3 milliard d'importations. La France compte une soixantaine d'entreprises implantées dans ce pays, qui emploie 12.000 personnes et elle souhaite participer au dévelopement économique du Royaume.

Grâce à l'envolée des cours du pétrole, l'Arabie connaît en effet sa plus grande prospérité économique et financière depuis les années 70. Le royaume, dont la production de brut est de 9,5 millions de barils/jour, détient environ le quart des réserves mondiales de pétrole et en est le premier exportateur. Cette prospérité, à l'origine de milliards de pétrodollars à la recherche d'investissements, se traduit par une véritable frénésie boursière. M. Chirac est accompagné dans sa visite par une quinzaine de chefs d'entreprises représentant les principaux groupes français, dont l'Institut français du Pétole, Eurocopter, Alstom, Dassault Aviation, BNP Paribas, Vinci, Thalès, Veolia.

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le 05 mars 2006 à 14:19
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