Jacques Chirac au sommet de Bruxelles © LCI/TF1Le coup d'éclat du président français, quittant momentanément le sommet de Bruxelles lors d'un discours en anglais d'Ernest-Antoine Seillière, serait sans doute resté inaperçu si l'Elysée n'avait alerté les journalistes. Le Premier ministre britannique Tony Blair, a avoué ne pas s'être inquiété de cette sortie car "les gens se lèvent et sortent pour toutes sortes de raisons". "Je n'en ai pris connaissance qu'après", a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel.
Le Premier ministre belge néerlandophone, Guy Verhofstadt, a répondu ne pas faire "attention à ses collègues quand ils se lèvent pour aller faire pipi". Quant au très ironique Premier ministre luxembourgeois, il renvoie dos-à-dos le chef d'Etat français et le patron des patrons européens. "L'Europe a d'autres soucis et c'est du temps perdu de devoir répondre à de telles questions", a réagi Jean-Claude Juncker, tout en s'étonnant que "nos amis français nous invitent à nous exprimer en français alors qu'un certain nombre de leurs responsables, hors gouvernement, se font une joie de s'exprimer... dans un anglais approximatif".
"Régression dramatique"
Jacques Chirac a expliqué vendredi avoir réagi spontanément au nom de la diversité des cultures. "J'ai été profondément choqué de voir un Français s'exprimer à la table du Conseil en anglais", a confié le président. "La France a un grand respect pour sa langue. Elle se bat depuis longtemps pour affirmer la présence du français" aux Jeux olympiques, au sein de l'Union européenne et à l'ONU, a-t-il rappelé. "On ne va pas fonder le monde de demain sur une seule langue, donc une seule culture", a-t-il dit dans une allusion à la suprématie de l'anglais. "Ce serait une régression dramatique", a ajouté le Français.
Le français est avec l'anglais et l'allemand l'une des trois langues de travail de l'Union européenne. La tradition dans les sommets veut que chaque participant s'exprime dans sa langue nationale, avec traduction simultanée. Mais le déclin du français est un thème récurrent depuis l'entrée de l'Autriche, la Finlande et la Suède dans l'UE en 1995, puis des nouveaux Etats membres d'Europe centrale en 2004.
La relation houleuse du président et du baron |
Jacques Chirac n'a jamais eu d'affinité avec celui qui dirigea le Medef jusqu'en 2005. A l'époque, Ernest-Antoine Seillière n'avait ménagé ni le chef de l'Etat, ni son Premier ministre qu'il qualifiait de "pauvre M. Raffarin". Le baron avait aussi fustigé la "bêtise économique" du gouvernement qui selon lui faisait "trop de politique et pas assez de grand E : entreprise, emploi, économie, Europe". D'une façon générale, le Président entretient des relations difficiles avec le monde des grands patrons, à l'exception de François Pinault, Henri Lachmann (Schneider) ou Jean-François Dehecq (Sanofi). |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




