
Qui possède l'arme nucléaire ? La réponse avec notre infographie
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a entamé ce lundi à Vienne sur une note optimiste une réunion centrée sur les activités nucléaires de l'Iran. Son directeur, Mohamed ElBaradei, estime en effet qu'un accord est encore possible pour éviter un recours au Conseil de sécurité de l'Onu.
"Le point de friction reste la question des centrifugeuses pour la recherche et le développement" explique-t-il. "Il n'y a toujours aucune indication de détournement de matières vers des armes nucléaires ou d'autres explosifs nucléaires mais il existe toujours des incertitudes importantes pour lesquelles j'ai exprimé ma préoccupation" ajoute-t-il. Il précise enfin que le dossier iranien ne sera pas abordé avant mardi après-midi, voire mercredi matin. De quoi laisser du temps pour les dernières palabres.
Désaccord
Pour l'instant, l'AIEA s'est contentée de constater que Téhéran avait repris l'enrichissement d'uranium à petite échelle à Natanz, au mépris des exigences de la résolution de son Conseil des gouverneurs du 4 février. Un éventuel accord butte sur l'intransigeance de l'Iran sur son "droit", qu'il dit non négociable, à poursuivre l'enrichissement de l'uranium à petite échelle, à des fins civiles. Mais les Occidentaux refusent cette option car cette technique permet à terme d'obtenir la charge fissile d'une arme nucléaire. Une nouvelle résolution des 35 pays de l'exécutif de l'AIEA semble très improbable cette semaine, faute de consensus entre Occidentaux, Russes, Chinois et Indiens.
Un plan russe prévoirait d'enrichir en Russie l'uranium dont les Iraniens auront besoin pour leur énergie civile, et accepterait le principe d'une "petite unité d'enrichissement d'uranium pour la recherche" en Iran - ce que refusent jusqu'ici les Européens. Mais Moscou demande que "l'Iran suspende pour une courte période toutes ses activités d'enrichissement y compris celle de la recherche" - ce que l'Iran refuse pour sa part. Selon le plan de Moscou, l'Iran devrait aussi accepter de ratifier le protocole additionnel au Traité de non prolifération (TNP) qui autorise des inspections poussées du programme nucléaire iranien. Si Russes et Iraniens devaient s'entendre sur une formule qui convienne ensuite à l'UE-3, cela permettrait ensuite une reprise des négociations entre Téhéran et les trois capitales de l'UE, en évitant que le Conseil ne s'empare du dossier.
Alors même que se déroulait lundi la réunion de Vienne, la Maison Blanche a réclamé de la communauté internationale qu'elle continue à "agir" pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, car "le régime iranien a montré pendant environ deux décennies qu'on ne pouvait pas lui faire confiance". Quant à l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, il a réaffirmé qu'aucun enrichissement d'uranium n'est acceptable en Iran. Washington souhaite de longue date que le Conseil de sécurité de l'Onu traite du dossier.
(photo : Mohamed ElBaradei, ce lundi)
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