
"Votre soutien à l'héritage chrétien peut contribuer de manière significative à la défaite d'une culture qui est déjà largement répandue en Europe et qui relègue la manifestation de la conviction religieuse à la sphère du privé et du subjectif".
A une semaine des élections législatives en Italie, Benoît XVI a vivement critiqué ce mercredi les partisans de la laïcité. Cette déclaration n'est pas anodine. La coalition de gauche menée par Romano Prodi, en tête dans les sondages face à celle de droite du Premier ministre Silvio Berlusconi, compte en effet parmi elle des partis communistes laïcistes et des partis anti-cléricaux.
Ingérence ou pas ?
Le pape s'est néanmoins défendu de toute ingérence politique. "Lorsque l'Eglise ou les communautés religieuses interviennent dans un débat public, exprimant leur réserve ou rappelant les divers principes, cela ne représente pas une forme d'intolérance ou d'interférence car ces interventions ne servent qu'à éclairer les consciences" souligne-t-il.
Mais la composante anticléricale de l'opposition italienne a immédiatement réagi. "Il est de plus en plus évident que les hiérarchies religieuses, avec en tête le pape et le cardinal Camillo Ruini (président de la Conférence épiscopale italienne, ndlr) ont décidé d'intervenir de manière agressive dans la campagne électorale" estime les Radicaux italiens.
Certains partenaires de Silvio Berlusconi sont d'un avis contraire et ont utilisé l'appel du pape à des fins politiques. "Ceux qui entendent aujourd'hui les propos de Benoît XVI comme un devoir politique et moral ne pourront jamais voter pour la gauche" affirme par exemple Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur Benito Mussolini et leader d'une formation d'extrème-droite alliée à Silvio Berlusconi.
Berlusconi pas présent
Le contexte dans lequel Benoît XVI a fait sa déclaration était en lui-même sujet à polémique. Le parti populaire européen (qui regroupe les partis de droite du Parlement européen) tenait en effet son congrès à Rome. Le pape avait donc tenu à accorder une audience à ses leaders, comme notamment la chancelière allemande Angela Merkel, le chancelier Autrichien Wolfgang Schussel, président en exercice de l'Union européenne, ou encore Nicolas Sarkozy. Mais Silvio Berlusconi avait quant à lui dû renoncer à l'audience pour ne pas impliquer directement le pape dans la campagne électorale.
Lors de l'audience, le souverain pontife a également rappelé les trois principes "non négociables" de l'Eglise, à savoir "la protection de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, (...) la défense de la famille en tant qu'union fondée sur le mariage entre un homme et une femme (...) et le droit des parents à éduquer les enfants".
(photo d'archives : Benoît XVI)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





