© TF1Pour rendre l'Europe compétitive face à l'Asie, faut-il rendre les institutions d'éducation comptable de leurs résultats, comme c'est déjà le cas en Finlande ? Cela ne fait aucun doute pour Andreas Schleicher, du département de l'Education de l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE).
Les conclusions de son étude menée pour le compte du Lisbon Council, laboratoire d'idée bruxellois, sont en effet décapantes. "L'époque où l'Europe était en concurrence principalement avec des pays offrant du travail peu qualifié avec bas salaires est terminée depuis longtemps, maintenant que la Chine et l'Inde apportent des qualifications élevées à coût réduit" explique le document. "Ceci change profondément les règles du jeu", souligne notamment Andreas Schleicher.
"La France et l'Allemagne ne sont plus leaders"
Le premier constat est que la dépense d'éducation a un formidable rendement économique, bien supérieur aux taux d'intérêt réels, pour les individus concernés, mais aussi pour leur pays. A preuve, ce que l'étude qualifie de "miracle coréen".
Partie du bas de l'échelle dans les années 1960, la Corée du Sud est aujourd'hui au 3e rang de l'OCDE pour le nombre de jeunes adultes ayant une formation universitaire, alors que "la majorité des grandes économies européennes, y compris la France, l'Italie et le Royaume-Uni, ont à peine tenu leur rang et que l'Allemagne a reculé de manière significative". "La France et l'Allemagne (...) qui pèsent un tiers de l'économie de l'UE, ne sont plus parmi les leaders mondiaux dans le développement du savoir et du talent", résume cruellement l'étude.
"Injustes"
Il n'y a pourtant pas de fatalité puisque la Finlande a rejoint le peloton de tête après un bouleversement radical de son système éducatif. En 2003, les étudiants finlandais sont arrivés en tête de l'évaluation PISA (Programme for International Student Assessment), un projet dont Andreas Schleicher est le directeur pour l'OCDE. Economiquement médiocres, les systèmes éducatifs allemand et français sont aussi socialement injustes, relève l'étude, qui dénonce le "préjugé de classe inhérent" de mécanismes qui "taxent les pauvres pour subventionner les opportunités d'éducation des riches".
En Allemagne, la pré-sélection sociale dès l'âge de dix ans des filières éducatives fait que "des enfants de cadres hautement qualifiés ont quatre fois plus de chance d'emprunter la voie universitaire que ceux des ouvriers". La situation n'est pas très différente dans d'autres pays européens dont la France qui, souligne Andreas Schleicher, "refuse de publier les preuves fournies par PISA de l'inégalité sociale entre écoles !"
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(photo d'archives : une salle de classe)
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