
Marc Zoro, excédé par des cris de singe à chaque fois qu'il touche le ballon, qui menace de quitter un match du Calcio italien, Samuel Eto'o qui fait de même dans la Liga espagnole, insultes racistes au Parc des Princes, banderoles néo-nazies lors des matches de la Lazio Rome et Paulo di Canio, le capitaine de l'équipe, saluant ses supporters à la manière fasciste... Ces images ont fait le tour de la planète football.
Pour ne pas être accusée de passivité - comme lors de l'émergence du hooliganisme dans les années 1980-, la Fifa a donc amendé jeudi son code disciplinaire (article 55) et prévu une batterie de sanctions, très lourdes, visant clairement à tout faire pour éradiquer le fléau. Selon Joseph Blatter, le président de la Fifa, le nouveau réglement est valable dès maintenant.
Matches de suspension, déduction de points - 3 pour une première condamnation, 6 pour une récidive-, relégation si les incidents se poursuivent ou même disqualification de l'équipe : voilà de quoi faire frémir les clubs qui ne feront pas rapidement "le ménage" dans leurs tribunes ! Et pas question pour les fédérations de se défausser. Elles devront en effet inclure ces mesures dans leurs règlements, sous peine d'"être privée de toute compétition internationale pendant deux ans".
"Agir de concert"
"J'ai à plusieurs reprises souligné mon ferme engagement personnel et celui de la Fifa contre le racisme et la discrimination" souligne Joseph Blatter. "Mais les récents événements ont prouvé qu'il faut agir de concert et sans tarder afin que des mesures plus strictes soient adoptées et que ce fléau disparaisse de notre sport" explique-t-il.
Reste maintenant à savoir si ces sanctions, ne vont pas se révéler inapplicables? Un président de club, par exemple, pourra toujours arguer qu'il ne peut pas contrôler les agissements de 40 ou 60 000 spectateurs. "Même si des points légaux restent à rediscuter, il faut envoyer un signal fort" rétorque un dirigeant de la Fifa. Les sanctions seront décidées par les commissions de discipline des fédérations, des confédérations ou de la Fifa. Si un club est objectivement innocent, il y aura toujours moyen de discuter" précise-t-il.
D'après AFP
(photo d'archives : bandelores racistes dans un stade italien)
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