© AFPQUI VOTE ?
5 014 622 d'électeurs israéliens. 8 280 bureaux de vote sont disséminés dans le pays.
QUI LES ISRAELIENS ELISENT-ILS ?
Les 120 députés de la Knesset, dont ce sera la 17e législature. Théoriquement prévu en novembre 2006, le scrutin a été avancé après que Ariel Sharon a quitté le Likoud, le parti de droite au pouvoir, en novembre dernier pour fonder Kadima. Le nouveau Parlement est élu pour une durée de 4 ans.
QUEL EST LE MODE DE SCRUTIN ?
La proportionnelle intégrale, tout le pays ne formant qu'une seule circonscription. Chaque liste compte donc 120 noms.
QUELLE EST LA REPARTITION DU PARLEMENT ACTUEL ?
Issu des élections de 2003, il est dominé par le Likoud, avec 38 sièges. Le Parti travailliste, largement battu, n'avait obtenu que 19 mandats. Les autres députés étaient issus des "petites listes", notamment le Shinouï, représentant des laïcs conservateurs (15 mandats).
QUELLES SONT LES PRINCIPALES LISTES EN LICE ?
La création de Kadima, rejoint par de nombreux leaders du Likoud et du parti travailliste (dont Shimon Peres, numéro 2 de la liste) a bouleversé le paysage politique israélien, traditionnellement fondé sur le bi-partisme. Trois grands blocs se dégagent :
- Kadima ("En avant"). Malgré sa récente création, la formation centriste devrait largement arriver en tête. Les dernières enquêtes lui créditent en effet entre 35 et 40 sièges. Ehud Olmert, le Premier ministre par intérim, devrait alors diriger le futur gouvernement.
- Le Parti travailliste. Conduit par Amir Peretz, qui avait battu à la surprise générale Shimon Peres lors des primaires internes, il devrait obtenir une vingtaine de mandats
- Le Likoud. Dirigé par Benjamin Netanyahuu, l'ancien Premier ministre et ennemi intime de Ariel Sharon, il subit de plein fouet la création de Kadima. De nombreux membres et dirigeants ont en effet rejoint la nouvelle formation. Résultat : il pourrait obtenir son pire résultat depuis sa fondation en 1973, avec à peine une quinzaine de députés.
Outre ces trois formations, 28 listes sont en lice, mais une dizaine seulement peuvent espérer franchir la barre des 2% (50 000 voix) pour entrer à la Knesset. Parmi elles, Israel Beiteinou, le parti russophone d'extrême droite dirigé par Avigdor Lieberman, pourrait créer la surprise avec plus de 10 sièges et éventuellement jouer un rôle non négligeable dans la future coalition.
Le Shass (orthodoxe sépharade) est également crédité d'une dizaine de mandats, l'Union nationale-PNR (extrême droite- colons) de neuf, Judaïsme unifié de la Torah (orthodoxe ashkénaze) de six, Meretz-Yahad (gauche laïque) de cinq et les listes arabes de sept.
SUR QUELS THEMES S'EST DEROULEE LA CAMPAGNE ?
Comme d'habitude, et d'autant plus après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes de janvier, sur les questions de sécurité. Ehud Olmert a repris à son compte et à la lettre le programme envisagé par Ariel Sharon, dont l'ombre a plané sur toute la campagne. Il aspire donc à établir, unilatéralement si besoin, les frontières définitives d'Israël d'ici la fin de son mandat en 2010 en évacuant de larges portions de la Cisjordanie mais en y conservant les grands blocs de colonisation juive.
Côté Likoud, Netanyahu a axé sa campagne sur sa capacité à faire front contre le Hamas. Le Parti travailliste, qui a tenté de mettre en avant les questions sociales et économiques, a été inaudible sur ce point.
Malgré tout, la campagne n'a pas passionné et l'abstention pourrait atteindre un taux record de 30%.
COMMENT SERA DESIGNE LE PREMIER MINISTRE ?
Depuis 2003, Israël a renoncé à l'élection directe du Premier ministre. Après le scrutin, le président Moshé Katsav confiera la tâche de former le nouveau gouvernement au chef du parti ayant à ses yeux les meilleures chances de pouvoir mettre sur pied une majorité. En règle générale, il s'agit de la formation ayant obtenu le plus de sièges, mais il peut en être autrement si un autre parti a de meilleures chances de constituer une coalition par le jeu des alliances.
Le candidat désigné par le président disposera d'un délai de deux fois 21 jours pour présenter son gouvernement à la Knesset, qui doit lui accorder l'investiture à la majorité simple. En attendant l'investiture d'un nouveau gouvernement, le cabinet sortant reste en fonction et dispose de tous les pouvoirs d'un gouvernement ordinaire.
(photo afp-archives : Ariel Sharon et Ehud Olmert)
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