© LCIHéros de la Révolution orange de fin 2004, triomphalement investi à la présidence il y a quatorze mois, le président Viktor Iouchtchenko est le grand perdant des législatives de dimanche, qui ont été considérées comme démocratiques par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Seulement 16 % des suffrages
A l'issue du vote, la coalition présidentielle Notre Ukraine n'est cependant arrivée qu'en troisième position avec 16% des suffrages, selon un sondage sortie des urnes réalisé par deux institutions réputées. Loin derrière le Parti des régions (opposition pro-russe, 31%), mené par Viktor Ianoukovitch qu'il avait battu à la présidentielle, et le Bloc Ioulia Timochenko (24%), son ancienne alliée qu'il avait remerciée en septembre dernier. Les résultats officiels qui portaient sur 25,46% des bureaux de vote, donnaient 26,33% au Parti des régions, 23,41% au Bloc Timochenko et 16,98% à Notre Ukraine.
Un soutien parlementaire stable
Or, le chef de l'Etat n'a pas d'autre choix que de composer avec ses principaux rivaux: il a grandement besoin d'un soutien parlementaire stable pour pouvoir aller de l'avant avec sa politique pro-occidentale. D'autant plus que le nouveau Parlement, renforcé par une réforme récente, formera la quasi-totalité du gouvernement. Après la publication des sondages, Notre Ukraine a annoncé qu'elle entendait créer une coalition parlementaire avec le Bloc Timochenko et avec les socialistes. Une telle alliance donnerait aux forces orange au moins 255 sièges, soit la majorité absolue des 450 sièges du Parlement monocaméral.
Le Bloc Timochenko a dans un premier temps annoncé qu'un mémorandum de coalition pourrait être signé lundi matin, avant de préciser que la signature devait être ajournée de plusieurs heures à la demande de Notre Ukraine. Un député socialiste, Mykola Roudkovsky, a quant à lui émis la supposition que la coalition présidentielle "menait des négociations" avec le Parti des régions en vue de former une coalition avec lui. Quoi qu'il en soit, les deux possibilités présentent des risques pour le chef de l'Etat.
Une nouvelle coalition orange?
Une alliance avec le Parti des régions risque de mettre des bâtons dans le roues à la politique pro-occidentale de Kiev et en particulier à son projet de rejoindre l'Otan. Et une union renouvelée avec Ioulia Timochenko, déterminée dans ce cas de figure à reprendre le poste de Premier ministre, perspective à laquelle Notre Ukraine était très opposée mais semblait se résigner après la publication des sondages sorties de urnes, promet d'autres problèmes.
L'action gouvernementale de cette femme ambitieuse, radicale et souvent populiste, a eu l'année dernière un effet dissuasif sur les investisseurs, effrayés par ses projets de vaste révision des privatisations conduites sous l'ancien régime. Et elle n'a pas caché qu'elle pensait continuer, une fois revenue au pouvoir. "Le président est catégoriquement contre la poursuite" de ce processus, a pour sa part souligné le chef adjoint de la présidence Ivan Vassiounyk, laissant entendre que l'abandon de ce projet par Ioulia Timochenko était l'une des conditions pour former une nouvelle coalition orange.
Viktor Iouchtchenko. Image d'archives. DR.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




