Irak : Jill Caroll est libre

le 30 mars 2006 à 13h18 , mis à jour le 30 mars 2006 à 17h42

La journaliste américaine avait été enlevée début janvier à Bagdad et son traducteur tué. Sa libération a été annoncée jeudi à la mi-journée par l'agence de presse italienne Ansa. La jeune femme de 28 ans affirme avoir été bien traitée pendant sa détention.

TF1/LCI : Première image de l'otage américaine en Irak, Jill Carroll, après sa libérationPremière image de l'otage américaine en Irak, Jill Carroll, après sa libération

Jill Carroll "a été libérée et se trouve à présent chez moi", a dit à l'AFP le chef du Parti islamique irakien Tarek al-Hachémi, sans préciser les circonstances de sa libération. Une source du ministère de la Défense a confirmé sa libération en précisant que l'ex-otage, escortée par des hommes armés, était arrivée au siège du Parti islamique dans l'ouest de Bagdad. Les forces américaines sont arrivées sur place et l'ont emmenée vers une destination inconnue.

 "Je me sens en bonne forme et je veux retrouver rapidement ma famille", a déclaré la journaliste libérée, vêtue d'une ample robe et dont la tête était recouverte d'un foulard islamique. La journaliste était filmée dans le bureau de Tarek al-Hachémi, chef de la formation sunnite du Parti islamique irakien, qui a annoncé la libération. Les ravisseurs "m'ont autorisée une seule fois à lire un journal et une seule fois à voir la télévision mais ce n'était pas suffisant pour avoir une idée de ce qui se passait dans le monde", a-t-elle raconté. "Je n'étais autorisée à me déplacer qu'entre la chambre et les toilettes", a-t-elle dit.

Appel lancé par sa soeur jumelle

Pigiste au quotidien américain Christian Science Monitor et installée à Bagdad depuis 2003, avait été enlevée le 7 janvier à Bagdad, alors qu'elle se rendait à un rendez-vous avec Adnane Doulaïmi, chef de la liste sunnite du Front de la Concorde dont fait partie le Parti islamique. Son interprète avait été tué par balle. Ses ravisseurs, un groupe armé se faisant appeler les "Brigades de la vengeance", avaient menacé de la tuer si les prisonnières en Irak n'étaient pas libérées. L'ex-otage était apparue à plusieurs reprises sur des vidéo diffusées par des télévisions arabes.

L'annonce de sa libération survient une semaine après l'élargissement de trois humanitaires occidentaux dans une opération de la Force multinationale à Bagdad et au lendemain d'un appel lancé par sa soeur jumelle sur la chaîne Al-Arabiya, au peuple irakien pour tout élément d'information sur Jill Carroll. "Je m'adresse à vous aujourd'hui parce que cela fait près de deux mois que la dernière vidéo de ma soeur a été diffusée. Nous n'avons eu ni contact avec elle ni reçu aucune information sur sa situation", avait dit Katie Carroll, évoquant "le cauchemar" que vit la famille depuis ce rapt.

Un pays meurtri par les violences quotidiennes

Au niveau politique, les réunions sur un gouvernement irakien ont été suspendues pour la deuxième journée consécutive. En même temps, le Premier ministre sortant et candidat à sa propre succession, le chiite Ibrahim Jaafari, s'est plaint des ingérences américaines dans la politique de son pays malgré les démentis de la Maison Blanche. Le négociateur kurde Mahmoud Osmane a expliqué que la liste des chiites conservateurs, majoritaire au Parlement, avait demandé une pause de deux jours pour arrêter une position sur qui doit gérer dans le prochain gouvernement le dossier de la sécurité dans un pays meurtri par les violences quotidiennes.

Plus de trois mois après les élections générales, les dirigeants irakiens sont pressés de former leur gouvernement dont la priorité sera de tenter de juguler la violence endémique meurtrière. L'armée américaine a annoncé la mort de deux soldats dans des opérations de combat. Cinq civils ont été tués dans les violences, dont une avocate abattue par des hommes armés à Bassorah. Cinq membres d'une unité des commandos du ministère de l'Intérieur ont été blessés dans un attentat suicide à Bagdad. Pour sa part, Adnane al-Doulaïmi s'est publiquement alarmé des rapts et assassinats à Bagdad, en affirmant qu'ils visaient essentiellement des membres de sa communauté sunnite et pouvaient nuire au processus politique en Irak.

Photo d'ouverture : Première image de l'otage américaine en Irak, Jill Carroll, après sa libération - DR

le 30 mars 2006 à 13:18
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