
Kadima, le parti du Premier ministre par intérim sortant Ehud Olmert, est arrivé en tête des élections législatives israéliennes de mardi, mais avec bien moins de voix que prévu par les sondages. "En avant" a en effet obtenu 21,8% des suffrages, le parti travailliste 15,1% et le Likoud (droite nationaliste), en déroute, seulement 8,9%. L'autre fait marquant est une participation historiquement basse (63,2%).
Kadima obtient donc 28 sièges sur les 120 de la Knesset, les travaillistes 20, le parti orthodoxe sépharade Shass 13 et le parti russophone d'extrême droite Israël Beiteinou 12, le Likoud (droite) 11. L'Union Nationale-Parti national religieux (ultranationalistes religieux) obtient 9 mandats, les retraités 7, le Judaïsme unifié de la Torah (ultra orthodoxe) 6, le Meretz (gauche) 4 et les trois listes arabes dix députés en tout.
La campagne à tonalité sociale du leader travailliste, Amir Peretz, a donc porté ses fruits, sa formation devenant un partenaire incontournable pour une future coalition dirigée par Kadima. De l'autre côté de l'échiquier, ce scrutin signe l'effondrement de la droite nationaliste opposée à toute concession territoriale. Le Likoud et le PNR ne recueillant ensemble qu'une vingtaine de sièges, cela les empêche de fait de constituer un bloc susceptible de faire barrage aux retraits unilatéraux de Cisjordanie prévus par le plan de désengagement d'Ehud Olmert.
Coalition difficile
Placé au centre, première formation du pays malgré ses quelques mois d'existence, Kadima est aujourd'hui le seul parti capable de constituer et diriger une coalition gouvernementale. Mais sa tâche va s'avérer plus compliquée que prévue compte tenu de son résultat décevant.
"En avant" peut cependant rallier plus de 75 députés, en obtenant, outre le soutien qui lui est déjà assuré du parti travailliste, celui du parti Meretz (gauche), du parti des retraités et des deux partis ultra orthodoxes. Ces trois dernières formations ont en effet surtout avancé des revendications sociales et sectorielles. "Kadima est le parti qui a gagné les élections et est maintenant prêt à accueillir à bras ouverts tout parti qui voudrait se joindre à nous", a déclaré le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz.
Porte ouverte mais...
Dans son discours de victoire devant ses partisans à Jérusalem, Ehud Olmert est revenu sur le thème central de sa campagne : la séparation d'avec les Palestiniens, mais en laissant la porte ouverte à des négociations avec eux pour aboutir à la paix. "Je suis prêt à renoncer au rêve d'un Grand Israël. Nous sommes prêts à évacuer des juifs qui vivent dans des implantations pour vous permettre de réaliser votre rêve d'avoir un Etat", a-t-il déclaré. "Mais vous devez renoncer à votre rêve de destruction", a-t-il ajouté dans un appel direct au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
"Si les Palestiniens acceptent d'agir en ce sens, nous nous asseyerons avec eux à la table des négociations afin de créer une nouvelle réalité dans la région", a poursuivi le chef du Kadima. "S'ils ne le font pas, nous prendrons notre destin entre nos mains (...) et dans ce cas-là nous agirons sans l'accord des Palestiniens", a-t-il averti, soulignant que faute de partenaire, il s'emploierait à fixer unilatéralement les frontières orientales d'Israël en procédant à un démantèlement de colonies en Cisjordanie occupée et à une annexion de grands blocs d'implantation.
Ce plan unilatéral a été rejeté mercredi par les dirigeants des pays arabes, réunis à Khartoum. "Les résultats des élections israéliennes ne changeront rien si Olmert ne renonce pas à son plan de tracer la frontière israélienne d'une manière unilatérale", a pour sa part déclaré Mahmoud Abbas.
Photo d'ouverture : Ehud Olmert lors de son discours
Retour MYTF1
Chargement en cours...





