L'Italie accueille l'Afghan chrétien

le 29 mars 2006 à 15h26 , mis à jour le 30 mars 2006 à 15h23

Abdul Rahman est arrivé mercredi soir en Italie. Cet afghan de 41 ans avait été libéré lundi après avoir passé un an en prison pour avoir embrassé la religion chrétienne - ce qui aurait pu lui valoir la peine capitale. L'Italie lui a concédé le statut de réfugié.

[Expiré] [Expiré] Abdul Rahman © afp

L'Italie a accordé jeudi le statut de réfugié à Abdul Rahman, l'Afghan chrétien arrivé à Rome mercredi après avoir risqué la peine de mort dans son pays pour avoir abjuré l'islam, a annoncé le ministère italien de l'Intérieur. "Abdul Rahman a présenté une demande d'asile en règle à l'Etat italien" et "la commission territoriale compétente l'a accueillie, lui reconnaissant le statut de réfugié (...) en raison d'une persécution religieuse", indique un communiqué du ministère.

Le ministère de l'Intérieur n'a pas donné d'indication sur le lieu où se trouvait Abdul Rahman. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s'était déjà refusé à toute précision "pour des raisons de sécurité" mercredi en annonçant que l'homme était arrivé en Italie mercredi soir.

Des doutes sur ses "capacités mentales"

Abdul Rahman, 41 ans, a quitté l'Afghanistan pour l'Italie mercredi dans le plus grand secret, deux jours après sa libération à Kaboul, motivée selon le ministère de la justice afghan pour des raisons de procédure et des doutes sur ses "capacités mentales". Converti depuis 16 ans au christianisme, Abdul Rahman a passé neuf ans en Allemagne avant de revenir en Afghanistan en 2002. Il avait été arrêté pour avoir abjuré l'islam après avoir été dénoncé par sa famille. L'abjuration est interdite par la loi islamique (charia) en vigueur en Afghanistan, qui prévoit la peine de mort pour les contrevenants.

Mais les risques encourus par Abdul Rahman ont choqué plusieurs pays occidentaux et ont soulevé une vague de protestations. Acteur de la chute des talibans à la fin 2001 et principal soutien financier et militaire du président afghan Hamid Karzai, Washington a sommé ce dernier de respecter la liberté de culte, inscrite tout comme la charia dans la Constitution afghane, et de libérer l'accusé. L'Italie a été l'un des tout premiers pays à protester officiellement la semaine dernière contre l'éventualité d'une peine capitale pour Abdul Rahman et le chef de la diplomatie Gianfranco Fini avait proposé mardi de l'accueillir en Italie.


le 29 mars 2006 à 15:26
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