Le meurtrier présumé d'Amélie Delagrange formellement inculpé

le 03 mars 2006 à 13h29 , mis à jour le 03 mars 2006 à 18h17

Le meurtrier présumé de l'étudiante française Amélie Delagrange a comparu vendredi devant un tribunal londonien pour y être formellement inculpé, en présence des parents de la jeune femme qui avaient tenus à être présents en hommage à leur fille.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Levi Bellfield, 37 ans, ancien videur de boîte de nuit à la forte carrure, vêtu d'un jeans et d'un sweat shirt, a écouté sans réagir l'acte d'accusation, avant soudainement d'applaudir, vite arrêté par une policière qui l'encadrait. Il a également été formellement inculpé vendredi de deux tentatives de meurtre sur deux autres jeunes femmes, ainsi que de tentative d'enlèvement sur une adolescente. Ces agressions ont toutes eu lieu dans l'ouest de Londres, la nuit, entre octobre 2001 et le 20 août 2004, la nuit de la mort d'Amélie.

Etudiante en Langues étrangères appliquées (LEA), la jeune Française de 22 ans était venue en avril 2004 parfaire son anglais à Londres. Originaire d'Hanvoile, une commune de Picardie, elle travaillait chez Maison Blanc, une pâtisserie chic de Richmond, un quartier cossu de l'ouest de Londres. Le soir du drame, la jeune fille avait retrouvé des amis dans un bar à vins, puis avait pris l'autobus pour rentrer chez elle. Mais, ayant manqué son arrêt, elle avait dû refaire à pied, de nuit, une partie du chemin. Elle a été attaquée près du terrain de cricket de Twickenham avec un objet contondant, et est décédée à son arrivée à l'hôpital.

"Pour la mémoire d'Amélie

Vendredi, sa mère Dominique a expliqué que c'était Amélie qui leur avait "donné le courage" d'assister à l'audience, au tribunal de Bow Street. "On l'a fait pour Amélie, parce que depuis toujours on est une famille très unie, très forte, on ne voyait pas comment ne pas venir pour la mémoire d'Amélie", a-t-elle expliqué les larmes aux yeux. Son père Jean-François a parlé de leur "satisfaction" de voir arrêté le meurtrier présumé. "On peut mettre un visage sur une personne qui jusqu'à maintenant était abstraite", a-t-il dit. Le couple a souligné qu'il avait toute confiance dans la police britannique qui a montré "beaucoup d'humanité, de prévention, beaucoup de gentillesse".

Tentative d'enlèvement

La prochaine audience est prévue le 31 mars. Bellfield, connu des services de police depuis les années 90, avait été arrêté une première fois dans le cadre de l'enquête sur Amélie le 22 novembre 2004, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire, avant d'être à nouveau incarcéré. Il doit prochainement être jugé pour d'autres agressions que la justice anglaise interdit de spécifier. Marié, il gagnait notamment sa vie en travaillant pour des fourrières privées. Vendredi, il a également été inculpé pour avoir tenté d'écraser en voiture une étudiante de 18 ans, Kate Sheedy, le 28 mai 2004, à Isleworth, près de Twickenham. Le 16 décembre 2003, il avait déjà cherché à tuer Irma Dragoshi, à Longford (ouest). Le 15 octobre 2001, il avait également essayé, avec un complice, d'enlever en voiture Anna-Maria Rennie, 17 ans, toujours à Twickenham. La jeune fille avait réussi à s'enfuir.

le 03 mars 2006 à 13:29
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