© INTERNELes spéculations et questions autour des causes exactes de la mort de Slobodan Milosevic, mort samedi d'un infarctus du myocarde selon le premier rapport d'autopsie, ont pris un nouveau tour lundi avec des déclarations d'un toxicologue néerlandais Ronald Uges qui a analysé le sang du détenu du TPI il y a deux semaines. "Il a pris (un médicament contenant) de la rifampicine, un médicament qui annule l'effet" des traitements contre l'hypertension qui lui étaient prescits, a expliqué Ronald Uges.
Selon le spécialiste, Milosevic voulait par ce biais influencer les juges afin "d'obtenir un aller simple pour Moscou" où il avait demandé fin décembre à se faire soigner. Cette requête avait été rejetée, les juges estimant qu'il bénéficiait d'un suivi médical suffisant à La Haye et qu'il risquait de ne pas se représenter à son procès s'il partait en Russie.
Ces informations semblent infirmer la thèse d'un empoisonnement extérieur évoquée par Milosevic lui-même avant sa mort et par un de ses conseillers juridiques dimanche, Me Zdenko Tomanovic. Les premières conclusions du rapport d'autopsie de Slobodan Milosevic, publiée dimanche n'écartaient ni l'empoisonnement, ni le suicide, ni la mort par surmenage. "Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion. Les médecins doivent encore rédiger leur rapport final", a à cet égard déclaré une porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie Alexandra Milenov. Le TPI compte pour sa part prendre "tout le temps nécessaire" pour son enquête interne sur la mort de Milosevic.
"Liquidation physique planifiée"
L'infarctus du myocarde est une affection fréquente, surtout chez des patients déjà cardiaques ou présentant des facteurs de risques tels que le tabagisme ou l'hypertension artérielle comme Milosevic. Le rapport final des médecins légistes et les résultat de l'analyse toxicologique commandée par le TPI ne sont pas attendus avant plusieurs jours.
Les experts serbes qui ont supervisé l'autopsie se sont dit "satisfaits du haut professionnalisme" des médecins néerlandais. Mais les proches de Slobodan Milosevic accusent toujours le TPI d'être responsable de sa mort. "C'est une liquidation physique planifiée", a lancé sa femme, dans des déclarations publiées par le quotidien belgradois Vecernje Novosti daté de lundi, assurant que son mari était "terriblement épuisé" ces derniers temps. La Russie a exprimé pour sa part des doutes sur l'autopsie et a annoncé l'envoi de médecins russes à La Haye pour avoir accès aux expertises en cours.
Des funérailles à Belgrade ?De funérailles à Belgrade ?
Les analyses médico-légales des médecins étant terminées, le procureur néerlandais a décidé d'autoriser la remise de la dépouille de Slobodan Milosevic à sa famille, à une heure encore indéterminée. Selon un conseiller juridique de Milosevic, Djanko Tomanovic, le fils de l'ex-président, Marko, compte venir chercher les restes de son père et devrait se rendre à La Haye mardi au plus tard. Il a obtenu pour cela, auprès de l'ambassade des Pays-Bas à Moscou, un visa valable pour trois jours. Il souhaite des funérailles à Belgrade, mais n'exclut pas une inhumation provisoire à Moscou "avant que ne soient réunies les conditions nécessaires en Serbie".
La femme de Milosevic, Mirjana Markovic, avait déjà fait savoir qu'elle souhaitait un enterrement en Serbie, dans "son pays", de l'ancien homme fort de la Yougoslavie mais elle y est sous le coup d'un mandat d'arrêt, tout comme son fils, ce qui complique l'organisation des funérailles. L'avocat de Mirjana Markovic a toutefois demandé lundi le retrait du mandat d'arrêt dont elle fait l'objet - ce qui a été accepté. Le président de Serbie Boris Tadic a exclu des funérailles nationales en raison du rôle controversé de Milosevic dans les Balkans.
(photo d'archives : Slobodan Milosevic)
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