
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insisté vendredi sur la "nécessité" pour le Hamas de "reconnaître le droit à l'existence d'Israël" et de "refuser" la violence. Le ministre russe, qui venait de recevoir une délégation de six responsables du Hamas, a indiqué après les entretiens leur avoir demandé de respecter les demandes du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, UE et Onu). "Cela veut dire avant tout la nécessité de respecter tous les accords existants, la nécessité de reconnaître le droit à l'existence d'Israël comme partenaire aux négociations et de refuser des méthodes armées pour régler des questions politiques", a-t-il ajouté.
Ces accords, à commencer par ceux d'Oslo de 1993, impliquent la reconnaissance d'Israël et le renoncement à la violence, deux exigences également formulées par le Quartette, à l'origine du dernier plan de paix pour la région.
La quête de légitimité internationale du Hamas
Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré de son côté qu'il "ne pouvait y avoir de paix" avec Israël tant que l'Etat hébreu "occuperait" des territoires palestiniens. "C'est notre message au monde et nous espérons que la communauté internationale nous soutiendra", a-t-il ajouté. "Arafat et Mahmoud Abbas ont reconnu Israël mais qu'est-ce que cela a changé ? Cela n'a rien changé (...) Je souhaite déclarer à Moscou que si Israël se dit officiellement prêt (...) à se retirer de tous les territoires (pris) en 1967, à permettre le retour des réfugiés, à briser le mur de séparation et à libérer tous les prisonniers, alors notre côté fera de sérieuses avancées pour garantir la paix".
La première visite du mouvement islamiste palestinien hors du Proche-Orient, de surcroît dans un pays membre du Quartette, visait avant tout à le sortir de son isolement international. La délégation, en provenance de Damas, comprend des responsables palestiniens vivant en Syrie, au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. A son arrivée à Moscou vendredi matin, le dirigeant du Hamas a concédé qu'il espérait gagner en légitimité internationale alors que les Etats-Unis et l'Europe considèrent toujours son mouvement comme une organisation terroriste.
La diplomatie russe a assuré avant la visite qu'elle n'exercerait aucune "pression" sur le Hamas pour le forcer à reconnaître Israël, mais qu'elle comptait toutefois convaincre le mouvement islamiste d'adopter des positions plus "modérées". A l'issue des entretiens, Sergueï Lavrov s'est félicité de la modération de ses interlocuteurs, estimant que leur objectif de fond était de préserver la paix dans la région. La Russie, désireuse de jouer un rôle actif dans le processus de paix au Proche-Orient, estime qu'il serait contre-productif d'isoler le Hamas et qu'il doit devenir une "partie légitime" dans le cadre de la dynamique enclenchée par le Quartette de médiateurs internationaux.
Photo d'ouverture : la délégation du Hamas reçue à Moscou - DR
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