
C'est contre l'avis de ses avocats que Zacarias Moussaoui, premier à être jugé aux Etats-Unis en lien avec les attentats du 11 septembre 2001, a pris lundi la parole. Il s'est exprimé devant les jurés du tribunal d'Alexandria, qui doivent décider s'il doit être condamné à la prison à perpétuité, ou s'il est passible de la peine de mort. En pleine audience et pour la première fois, il a affirmé qu'il avait reçu l'ordre d'Oussama ben Laden d'attaquer la Maison Blanche le 11 septembre 2001, et qu'il avait également, par ses déclarations lors de son arrestation, couvert les attentats en préparation.
Interrogé par l'avocat de la défense, Gerald Zerkin, pour savoir s'il devait participer aux attentats de 2001, Moussaoui a répondu : "Oui". "Je devais projeter un avion sur la Maison Blanche", a-t-il ajouté. L'avocat lui a alors demandé qui lui avait donné un tel ordre. "Oussama ben Laden", a répondu Moussaoui.
Une radio en cellule "pour connaître les résultats des attaques "
Le Français, arrêté durant le mois d'août précédant les attentats du 11 septembre 2001, avait déjà dit qu'il devait participer à une attaque avec un avion de la Maison Blanche. Mais c'est la première fois qu'il dit que cet attentat devait se produire le 11 septembre 2001. Le 22 avril 2005, lorsqu'il avait plaidé coupable de complicité avec les auteurs des attentats, il avait démenti son implication directe puisqu'il avait affirmé qu'il s'agissait d'un projet d'attaque distinct de la Maison Blanche.
Non content d'avoir ainsi plaidé pour l'accusation, Zacarias Moussaoui a déclaré qu'il avait menti aux enquêteurs du FBI après son arrestation en août 2001, pour permettre la réalisation des attentats. Cette confession est intervenue lors de l'interrogatoire mené par le procureur Robert Spencer, qui souhaite demander la peine de mort.
Moussaoui dit s'être réjoui des morts à New York
"La raison pour laquelle vous avez menti était de permettre le déroulement des opérations ?", a demandé le procureur. "Cela est correct", a répondu Moussaoui. Le procureur Spencer a par ailleurs indiqué que Moussaoui, qui avait été arrêté durant le mois d'août précédant les attaques, avait fait l'acquisition d'une radio durant son incarcération pour pouvoir écouter les résultats des attaques d'Al-Qaïda sur New York et Washington. "Oui, on peut dire ça", a acquiescé Moussaoui. "Vous vous demandiez ce qui s'était passé durant cette opération ?", a interrogé Robert Spencer. "Oui on peut dire ça", a répété Moussaoui. Poursuivant dans cette évidente provocation devant les jurés, il a affirmé un peu plus tard qu'il s'était réjoui face aux morts d'Américains et à la destruction provoquées par les attentats à New York.
Plus tôt, la juge Leonie Brinkema avait indiqué aux jurés qu'il n'était pas exclu qu'ils délibèrent dès cette semaine sur la question de savoir si Moussaoui est passible ou non de la peine de mort. Dans l'hypothèse où les jurés répondent par l'affirmative, le procès entrera alors dans une deuxième phase consacrée aux circonstances atténuantes. S'ils décident que Moussaoui n'est pas passible de la peine de mort, le détenu qui a reconnu sa culpabilité en avril 2005 sera condamné à la prison à vie. Son intervention devant les jurés complique singulièrement la tâche de sa défense.
(dessin d'audience)
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