
Slobodan Milosevic, l'ancien président yougoslave accusé de crimes de guerre, paria international, est enterré ce samedi après-midi dans sa ville natale de Pozarevac, sans la présence de sa famille.
A la dernière minute, son épouse, Mirjana "Mira" Markovic, longtemps sa conseillère de l'ombre, et son fils, Marko, un mauvais garçon qu'il adorait, ont en effet renoncé à l'accompagner dans son dernier voyage. Après d'obscures tracations avec le gouvernement, ils avaient pourtant obtenu l'autorisation de venir en Serbie sans être inquiétés.
Les nationalistes en force
Si les obsèques de Milosevic ont un caractère privé avec une représentation étrangère limitée aux ambassadeurs de Chine, de Russie et de Cuba, le Parti socialiste (SPS), sa formation, a néanmoins réussi à donner à l'événement un caractère officiel.
Affluant de toute la Serbie, du Kosovo, des territoires serbes de Bosnie, plus de 50 000 nationalistes ont en effet défilé dans la matinée devant les abords du Parlement fédéral de Belgrade, où le cercueil était exposé avant d'être convoyé à Pozarevac. "Slobodan vit ! Il n'est pas mort tant qu'il y a des Serbes et tant qu'il y a une Serbie", assurait un chef du SPS. Il citait les mots prononcés par Milosevic lui-même juste avant la chute de son régime : "Notre pays est souverain et la Serbie a l'obligation de se défendre".
Ironie de l'Histoire, le Parlement symbolise aussi la chute du régime Milosevic. Une foule de manifestants s'en était emparée le 5 octobre 2000, précipitant la fin d'un règne de 13 ans.
(photo : partisans de Milosevic)
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