Newsweek est-il subitement devenu francophile ou Jacques Chirac a-t-il infléchi sa politique ? En 2004, en pleine polémique sur la "Vieille Europe", l'hebdomadaire américain avait consacré un long article sur le chef de l'Etat, qualifié de "dinosaure".
L'été dernier, le journal expliquait encore, par la plume de Denis Macshane, ancien ministre des Affaires européennes britannique entre 2001 et 2005, que la France ne savait "que dire 'non'".
Syrie, Iran : même position
Virement de bord cette semaine. Dans sa chronique "World View", Denis Macshane souligne cette fois que George W. Bush vient de trouver en Jacques Chirac l'un de ses meilleurs alliés en matière de politique étrangère et de diplomatie.
Passant en revue les dernières décisions de l'Elysée dans ce domaine, il fait remarquer qu'elles pointent souvent dans le sens de la Maison Blanche : position intransigeante et commune vis-à-vis de la Syrie dans l'affaire Hariri, inflexibilité envers l'Iran sur le dossier du nucléaire, partenariat avec l'Inde sur l'énergie.
Frappes nucléaires
Newsweek souligne également que la nouvelle doctrine française en cas d'attentats -se réserver le droit de riposter de manière "non conventionnelle" aux "dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous"- se rapproche de la théorie des "frappes préventives" de George W. Bush.
Concernant l'Irak, l'hebdomadaire estime que Jacques Chirac s'est rendu compte que son opposition à la guerre n'a pas protégé la France des menaces islamistes. Et que lui aussi connaît son propre "Abou Ghraib", avec les révélations sur l'affaire Mahé en Côte d'Ivoire et sur les éventuelles tortures commises sur des suspects des attentats de 1995.
Conclusion : "En matière de politique étrangère, la France de 2006 n'a plus rien à voir avec celle qui voulait diriger l'Europe, voire une partie du monde, contre l'Amérique en 2003. Chirac s'est rendu compte que son anti-américanisme ne menait à rien".
(photo : l'article de Newsweek)








