Nouvelle audience au procès de Saddam

le 12 mars 2006 à 08h36 , mis à jour le 12 mars 2006 à 17h50

La 15ème audience du procès du président irakien déchu Saddam Hussein et de sept de ses lieutenants devant le Haut tribunal pénal à Bagdad, a duré plus de cinq heures. La prochaine audience doit avoir lieu lundi.

Reprise procès Saddam

La 15ème audience du procès du président irakien déchu Saddam Hussein et de sept de ses lieutenants a débuté dimanche devant le Haut tribunal pénal à Bagdad, par l'audition d'un dirigeant du Baas dissous à Doujaïl, Mezher al-Rouwaid. Tous les avocats irakiens et étrangers de la défense étaient présents. Le défenseur irakien de Saddam Hussein, Maître Khalil al-Doulaimi, qui avait boycotté l'audience précédente était également présent.

Les deux prévenus nient les faits

Vêtu de l'habit arabe traditionnel, Mezher al-Rouwaid a démenti toute implication dans les représailles qui ont conduit à la mort de 148 villageois après un attentat contre le convoi de Saddam Hussein en 1982 à Doujaïl, au nord de Bagdad. "Je suis un simple citoyen, je n'ai rien fait. Les accusations contre moi sont fausses et ceux qui les ont portées avaient de l'animosité à mon encontre", a-t-il expliqué au tribunal. Il a affirmé qu' au contraire, il avait défendu "certains habitants de Doujail que les autorités accusaient d'être membres du (parti chiite alors interdit) Dawa". Il a également indiqué qu'il était à son travail le jour de l'attentat. Le président du tribunal, Raouf Abdel Rahmane, l'a rappelé plusieurs fois à l'ordre car il ponctuait ses propos en prenant Dieu à témoin.

Le deuxième prévenu, Ali Dayeh Ali, 66 ans, a affirmé qu'il "n'était pas à Doujail le jour de l'attaque car (il) faisait des études à la faculté d'Education de Bagdad et qu'(il) partait chaque matin pour ne revenir que le soir". Il a démenti avoir dénoncé des habitants. "Une seule fois, un mois et demi aprés l'attentat, le responsable du Baas est venu chercher mon père, qui était moukhtar à l'époque, pour qu'il l'accompagne dans une arrestation. Comme il était vieux et malade, il est né en 1904, je suis allé à sa place et le chef du Baas a arrêté un enfant, malgré mon opposition", a-t-il raconté.

Ils encourent la peine de mort

Peu avant le début de l'audience, le procureur Jaafar al-Moussaoui a affirmé que si Saddam Hussein et les sept co-accusés sont condamnés à mort dans cette affaire, ils seront exécutés sans attendre les autres procès dans lesquels ils peuvent être impliqués. Le président déchu et ses sept coaccusés risquent la peine de mort pour l'exécution des villageois chiites de Doujail. Saddam Hussein est poursuivi dans plusieurs autres affaires notamment le gazage des Kurdes à Halabja et la répression contre l'insurrectioin chiite en 1991.

Mise en cause de la légitimité du tribunal irakien

"Nous restons fermes sur deux points: nous estimons être face à un tribunal illégitime, dont toutes les décisions sont nulles et non avenues, et nous demandons le remplacement du président du tribunal, qui n'est pas impartial", a dit vendredi à l'AFP Maître Ramsey Clark. Le rapporteur spécial de l'Onu sur l'indépendance des magistrats et avocats, l'Argentin Leandro Despouy, a estimé que Saddam Hussein devrait être jugé par un tribunal international, dans un rapport qui met en cause la légitimité du tribunal irakien chargé de juger l'ancien dictateur. Ce rapport doit être soumis à la session annuelle de la Commission des droits de l'Homme de l'Onu dont la session annuelle s'ouvre lundi à Genève.

Soulignant "l'insécurité régnant dans le pays et qui affecte le déroulement" du procès, Leandro Despouy rappelle qu'un juge et deux avocats de la défense ont été tués depuis le début du procès.

Image du procès dimanche. DR.

le 12 mars 2006 à 08:36
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience