© afpLe chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a évoqué dimanche la possibilité que son pays abandonne le Traité de non-prolifération nucléaire, alors que le Conseil de sécurité de l'Onu doit bientôt se prononcer sur le programme nucléaire controversé de l'Iran. "Nous pensons que nous pouvons obtenir nos droits en accord avec le mécanisme international dont l'Iran fait partie", a expliqué le ministre, en marge d'une conférence sur la sécurité et l'énergie en Asie. "Mais si nous atteignons le point où les mécanismes existants n'assurent plus le droit de la nation iranienne, alors la politique de la République islamique d'Iran pourrait éventuellement être revue et reconsidérée".
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait été le premier, le 11 février, à déclarer que son pays pourrait abandonner le TNP si l'Iran jugeait que les Occidentaux voulaient le "priver" de son droit à l'énergie nucléaire. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, a pour sa part assuré dimanche que "jamais" l'Iran n'obéirait à une injonction du Conseil d'arrêter son enrichissement d'uranium, ajoutant toutefois qu'"à ce stade un abandon du TNP n'est pas à l'agenda" de l'Iran, et que le pays attendait de voir l'issue de la réunion à venir du Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien.
L'Iran réaffirme son "droit"
Le Conseil, qui travaille actuellement à un texte sur ce dossier, va envoyer un "message sans équivoque" à Téhéran, a affirmé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier. Le programme nucléaire civil iranien est sur la sellette, car les Etats-Unis et l'Union européenne le soupçonnent de dissimuler un volet militaire pour se doter de l'arme atomique. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a demandé à l'Iran de suspendre toutes ses activités sensibles, notamment l'enrichissement d'uranium, et de reprendre une coopération élargie avec elle pour s'assurer que son programme nucléaire a un objectif exclusivement pacifique. Téhéran ayant refusé, le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir dans les jours qui viennent pour demander formellement à l'Iran de se plier aux injonctions de l'AIEA.
Moscou a proposé à l'Iran d'enrichir son uranium sur le sol russe, mais à condition que Téhéran suspende toute opération d'enrichissement sur son propre territoire. La République islamique a refusé, en arguant de son "droit" à mener des activités d'enrichissement, à petite échelle, dans un but de recherche. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a répété dimanche que la poursuite de ces activités est "un des droits de la République islamique, auquel elle n'entend pas renoncer", tout en laissant planer le doute sur la position de Téhéran vis-à-vis de la proposition russe : après avoir affirmé qu'elle n'était "plus à l'ordre du jour de la République islamique", il est revenu sur sa déclaration, expliquant que ce plan "peut être un sujet de négociations s'il prend en compte le droit de l'Iran à poursuivre des recherches sur le sol iranien".
Photo d'ouverture : la centrale nucléaire iranienne de Natanz - DR
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