© INTERNELes Russes ont-ils fourni des informations à Saddam Hussein au début de l'intervention américaine en Irak en mars 2003 ? Un rapport d'enquête du Pentagone publié vendredi accuse l'ambassadeur russe d'avoir fait passer au dictateur irakien les plans de guerre peu avant l'arrivée des Gi's à Bagdad. Samedi, le Renseignement russe a qualifié ces accusations d'"élucubrations". Mais la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a remis une couche dimanche, assurant que son pays prenait "très au sérieux" cette affaire.
Le rapport du Pentagone, qui compte plus de 200 pages, contiendrait un document, daté du 24 mars 2003, dans lequel les Russes assurent avoir recueilli des informations de leurs "sources au commandement central américain à Doha" au Qatar. Moscou y révèle à Saddam Hussein que les Etats-Unis ont renoncé à occuper les villes irakiennes et ont adopté une nouvelle tactique.
Une offensive terrestre
Un autre document, un rapport du ministère des Affaires étrangères adressé à Saddam Hussein le 2 avril, rapporterait des informations obtenues par l'intermédiaire de l'ambassadeur russe en Irak, Vladimir Titorenko. Ce dernier avait failli être blessé par des tirs américains près de Bagdad alors qu'il cherchait à gagner la Syrie en compagnie de plusieurs diplomates.
Selon le Pentagone, l'ambassadeur a informé le gouvernement irakien de l'intention des Américains d'isoler Bagdad par le sud, l'est et le nord. Il lui a révélé que le gros des troupes US, soit 12 000 hommes et 1000 véhicules, se trouvait près de Kerbala, à 110 km au sud-ouest de la capitale. Le diplomate aurait également révélé que les bombardements viseraient le centre et les alentours de Bagdad et que les routes vers la Syrie et la Jordanie seraient coupées.
"Vengeance américaine"
Le général américain Anthony Cucolo estime que l'attitude de la Russie était "conduite par des intérêts économiques" liés au pétrole. Au final, ces fuites ont peu influencé les décisions de Saddam Hussein, selon cet officier.
Un militaire russe, cité par l'agence Ria Novosti, a assuré qu'il s'agit d'"une vengeance de la partie américaine" après la "position ferme" de la Russie contre une intervention militaire en Irak. De son côté, l'agence Itar-Tass remarque que l'affaire éclate au moment où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU mènent des discussions difficiles sur le dossier nucléaire iranien. Washington et Moscou ne parviennent pas à trouver une position commune vis-à-vis de Téhéran.
| Retrait de GI's en 2006 |
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a estimé dimanche qu'une réduction significative des troupes américaines en Irak au cours des douze mois qui viennent était "très probable". "Cela dépend de ce qui se passe sur le terrain", a-t-elle toutefois ajouté lors d'un entretien à la chaîne de télévision américaine NBC. |
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