
Selon les statistiques officielles, un cinquième des élèves britanniques ne maîtrisent pas l'anglais à la fin de l'école primaire et un quart n'a pas le niveau requis en mathématiques. Conséquence : les écoles privées ou chrétiennes sont actuellement submergées de demandes de parents qui fuient l'école publique.
Un sujet que connaît bien Tony Blair. Lorsqu'il habitait à Islington, dans le Nord de Londres, le Premier ministre britannique scolarisait ses enfants dans une école catholique à Fulham, à l'autre bout de la capitale. Pour remédier à la situation, il a donc fait de la réforme de l'Education l'un des éléments clefs de son troisième et dernier mandat à Downing Street. Son objectif : améliorer le fonctionnement des écoles publiques en s'inspirant des recettes du privé.
Microsoft, KPMG...
Le texte adopté mercredi soir par la Chambre des communes autorise notamment les écoles publiques qui le souhaitent à prendre leur indépendance des autorités locales et à être gérées par un "trust" (fondation), sous la direction d'un parraineur privé qui peut être une association, un groupe religieux, une entreprise, une université ou un groupe de parents d'élèves.
Parmi les parraineurs qui se sont déjà déclarés figurent l'Eglise anglicane, un milliardaire musulman ou les géants du logiciel Microsoft et de l'audit KPMG. Pour le gouvernement, en "améliorant l'école publique, la réforme bénéficiera aux plus modestes".
Victoire à la Pyrrhus pour Blair
Pour faire voter son projet, Tony Blair a néanmoins dû batailler ferme face à son propre camp. Dénonçant une privatisation rampante de l'école publique et une sélection accrue, 52 députés travaillistes ont en effet voté contre et 25 se sont abstenus. Le Premier ministre britannique a ainsi dû accepter le soutien de l'opposition conservatrice.
"Le constat est que les écoles avec plus de libertés sur leur budget, les salaires, le personnel, le programme et le choix des élèves ont de meilleurs résultats" souligne David Cameron, le nouveau dirigeant des Tories, qui s'est engagé à soutenir son rival à condition qu'il ne fasse plus de concessions aux rebelles travaillistes. Une menace à prendre au sérieux puisque ce vote n'est que la première étape du parcours parlementaire, le texte devant désormais être examiné en détail en commission.
Résultat : la victoire de Tony Blair n'est qu'apparente, car il se retrouve politiquement dans une situation très inconfortable vis-à-vis de sa majorité.
(photo d'archives : dans un collège anglais)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




