
Cliquez ici pour voir la vidéo de l'interview de la mère de Zacarias Moussaoui
Les débats au fond pour le procès Moussaoui, le premier dans le cadre des attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis ont commencé lundi. "Un des complices est parmi nous, cet homme est l'accusé", a affirmé d'emblée l'avocat du gouvernement, Robert Spencer, en faisant référence à Zacarias Moussaoui. "Il a tué comme les autres. Il a menti afin que le complot puisse se dérouler... Il a menti et près de 3.000 personnes ont péri".
C'est l'angle d'attaque de l'accusation : montrer que par ses déclarations, Moussaoui a permis aux attentats du 11 septembre 2001 de se produire. Ce qui permettrait de réclamer la peine de mort à son encontre. La question de la culpabilité, en soit, ne se pose pas, l'accusé ayant choisi de plaider coupable - "parce qu'il en avait marre", selon sa mère. Ce qui ne laisse donc le choix aux jurés qu'entre deux sentences : la prison à vie, sans possibilité de libération... et la peine capitale. Mais la peine de mort n'est applicable qu'aux auteurs directs de crimes de sang ; or, lors des attentats, Moussaoui était déjà sous les verrous. Tout l'enjeu pour l'accusation est donc de montrer qu'en affirmant, le 16 août 2001 lors de son arrestation, qu'il prenait des cours de pilotage "pour le plaisir", Moussaoui a empêché la de prévenir les attentats.
Moussaoui demande à se défendre seul, requête rejetée
L'accusation veut prouver que si Moussaoui n'avait pas menti, au moins 11 des 19 pirates de l'air, dont les quatre pilotes, auraient pu être repérés. Et que l'Administration fédérale de l'aviation civile (FAA) aurait pu changer ses normes de sécurité à temps et éviter que 19 hommes armés de simples couteaux puissent détourner quatre avions presque simultanément. A l'audience de ce lundi, après avoir répété "nous montrerons que ces mensonges ont causé près de 3.000 morts", l'avocat du gouvernement a commencé à citer les témoins qu'il allait appeler à la barre. Il a résumé la démonstration qui serait faite en particulier par un agent du FBI (police fédérale).
Auparavant, au terme d'un long processus de sélection des jurés entamé le 6 février, défense et accusation avaient pu récuser les derniers candidats jugés indésirables, à partir d'un groupe de quelque 80 personnes pré-sélectionnées après huit audiences consacrées à leur interrogatoire. Parmi les dix hommes et sept femmes sélectionnés, figure une femme d'une trentaine d'années, née en Iran, musulmane sunnite. Elle avait indiqué lors de la phase d'interrogatoire qu'elle ne pensait pas que sa religion l'influencerait. Un jeune homme d'une trentaine d'années dont le père a travaillé pendant 15 ans à la CIA se trouve aussi dans le groupe, ainsi qu'une femme dont le beau-frère, policier new-yorkais, a participé aux secours après les attentats ayant tué près de 3.000 personnes.
Au cours de cette même journée d'audience, Moussaoui a demandé à se défendre seul. La juge a rejeté sa demande. Moussaoui n'a eu de cesse, depuis son inculpation en décembre 2001, de contester sa défense, accusant souvent ses avocats de comploter dans son dos, en vue de sa mort, lorsqu'il ne les couvrait pas d'insultes. Il avait obtenu le droit de se défendre seul pendant plus d'un an, entre 2002 et 2003, droit qui lui a été retiré en raison de ses requêtes incessantes, insultantes ou fantaisistes.
Arrivée du convoi à Alexandria. DR.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




