
Emploi, flambée des prix après le passage à l'euro, fiscalité... le débat était très technique mardi soir sur la chaîne publique Rai Uno. Silvio Berlusconi et Romano Prodi se sont affrontés lors de leur premier duel télévisé dans la campagne des législatives italiennes des 9 et 10 avril. Le duel de mardi soir avait pour eux un air de déjà-vu : ils étaient en effet déjà en lice pour les élections législatives de 1996 remportées par la gauche. A l'époque, ils s'étaient affrontés à deux reprises à la télévision et, à chaque fois, Romano Prodi avait dominé la confrontation.
Ce mardi soir, il semble que Romano Prodi ait encore pris un petit avantage. Un sondage express réalisé à la fin de l'émission par l'institut Piepoli montre en effet que 38% des téléspectateurs le donnent vainqueur du duel, contre 35% à Berlusconi, 27% préférant parler de match nul. Romano Prodi a notamment été précis dans son argumentation, au cours d'un débat qui a, il est vrai, largement justifié le jugement sévère formulé avant la rencontre par le vice-Premier ministre Gianfranco Fini : "cela va être d'un ennui mortel".
Une rencontre très encadrée
A la demande de Prodi, la rencontre était d'ailleurs très encadrée avec temps de parole minuté, interdiction pour les invités de se couper la parole... très loin des habituelles envolées lyriques de Silvio Berlusconi... Et très loin de sa dernière prestation télévisée, où il avait quitté, furieux, le plateau de télévision en pleine interview. Rien n'avait été laissé au hasard mardi soir, jusqu'à l'emplacement des caméras qui avait été soigneusement fixé de manière à ce que les deux intervenants soient filmés exactement dans les mêmes conditions - caméras qui ne devaient filmer que le candidat interrogé, au moment où il s'exprimait...
Chefs des deux coalitions en lice pour les législatives, les deux hommes s'étaient soigneusement préparés pour ce duel jugé décisif en vue de convaincre les électeurs indécis. Ils sont encore 24% à quatre semaines du scrutin, ressort-il d'une enquête publiée mardi par le Corriere della Sera. Habitué aux longs monologues qui lui permettent de s'épancher et même de plaisanter, Berlusconi se montrait à l'étroit mardi, enfermé dans un temps de réponse limité à 2 minutes. Il s'y était entraîné toutefois et toutes ses réponses avaient été chronométrées. Son rival, Romano Prodi, professeur d'économie et ancien président de la Commission européenne, est plus habitué à ce type de débat. Au final, difficile de savoir si les 24% d'indécis auront vraiment trouvé au cours de ce duel corseté matière à faire leur choix.
Photo d'ouverture : les deux candidats lors du débat de mardi soir - DR
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