© INTERNEDe nombreux dirigeants internationaux ont regretté samedi que l'ancien président Slobodan Milosevic, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, soit mort avant le verdict de la justice. Ils ont cependant souhaité que sa disparition aide la Serbie et les Balkans à tourner la page d'années de conflits et de divisions. Le procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie Carla Del Ponte a déclaré "regretter profondément (...) pour tous les témoins, tous les survivants et toutes les victimes qui attendaient justice" la mort de l'ancien dirigeant, jugé depuis plus de quatre ans. La fin du procès était prévue "au début de l'été", a-t-elle dit.
Le ministre des Affaires étrangères de Serbie-Monténégro, et ancien leader d'opposition serbe Vuk Draskovic a lui aussi jugé "dommage" que l'ex-président yougoslave disparaisse à 64 ans avant d'avoir répondu de ses actes. "Avec sa mort, l'histoire sera privée d'un verdict complet sur le rôle qu'il a joué", a aussi déclaré le président de la Serbie-Monténégro, Svetozar Marovic. Un point de vue partagé par Aem Vllasi, un ancien dirigeant des Albanais du Kosovo selon lequel "l'histoire et la justice auraient préféré un verdict". L'Otan a exprimé la même opinion par la voix de son secrétaire général Jaap De Hoop Scheffer, qui a jugé "regrettable" que la justice "ne puisse suivre son cours". A Zagreb, le président croate Stipe Mesic a lui aussi regretté que Milosevic ne puisse être "condamné à la peine qu'il a méritée". A Tirana, le Premier ministre albanais Sali Berisha a déclaré que "la mort du boucher des Balkans (était) un soulagement pour les familles des centaines de milliers de victimes de ses barbaries".
La responsabilité de Milosevic "universellement reconnue et condamnée"
Les Etats-Unis ont souhaité "paix et sécurité" au peuple serbe après la mort de Slobodan Milosevic. S'exprimant depuis Salzbourg, en Autriche, où se tenait une réunion des chefs de la diplomatie de l'Union européenne et des Balkans, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana a de son côté déclaré espérer que la mort de Slobodan Milosevic "aide la Serbie à regarder définitivement vers l'avenir". Un avis partagé par le chef de la diplomatie britannique Jack Straw, son homologue autrichienne Ursula Plassnik dont le pays préside actuellement l'UE, ou encore l'ancien président slovène Milan Kucan. "C'est l'occasion pour la Serbie de créer un avenir démocratique et de renouer des relations avec ses voisins", a dit le nouveau Premier ministre du Kosovo Agim Ceku, ancien chef de la guérilla albanaise.
Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a pour sa part exprimé "une pensée très particulière pour tous ceux qui ont eu à souffrir de la purification ethnique planifiée par cet homme". La responsabilité de Milosevic dans la guerre civile en ex-Yougoslavie est "universellement reconnue et condamnée" même si le TPI n'a pas réussi à mener à son terme son procès, a déclaré le ministère italien des Affaires étrangères. "Ses actions ont entraîné la mort de plus de 300.000 personnes en Europe, quatre guerres et l'instabilité dans le sud-est de l'Europe, a rappelé Richard Holbrooke, l'ex-négociateur américain pour l'ex-Yougoslavie, ajoutant qu'il ne verserait "pas de larmes" pour l'ancien homme fort de Belgrade.
Photo d'ouverture : Carla Del Ponte interrogée sur la mort de Slobodan Milosevic - DR
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