
Le premier procès aux Etats-Unis en lien avec les attentats du 11-Septembre, dont le but est de déterminer si Zacarias Moussaoui doit être condamné à mort, a repris ce lundi après une suspension d'une semaine liée à une violation des droits de la défense.
"Je suis pleinement consciente de l'importance des moyens consacrés à cette affaire (...) il serait malheureux qu'elle ne puisse pas aller de l'avant", avait dit vendredi la juge chargée du dossier, Leonie Brinkema, selon des minutes d'une téléconférence publiées par le tribunal fédéral d'Alexandria où se tient le procès. La juge avait donc décidé d'autoriser l'accusation à présenter un ou plusieurs nouveaux témoins dans le domaine de l'aviation - après avoir, trois jours plus tôt, interdit tout témoignage dans ce domaine, ce qui amputait les avocats du gouvernement de la moitié de leur argumentaire en vue de démontrer que Moussaoui est "éligible" pour la peine de mort (lire : "Procès Moussaoui : l'accusation mal embarquée" et "Nouveau rebondissement au procès Moussaoui").
Le témoignage de l'agent Samit
Le procès, avec une accusation qui reste fragilisée, a donc repris ce lundi, là où il s'était arrêté lors de la dernière audience en présence du jury, le 9 mars. La défense a interrogé un témoin-clef de l'affaire, l'agent du FBI Harry Samit, qui avait placé Zacarias Moussaoui en garde à vue le 16 août 2001 pour un visa périmé et l'avait longuement interrogé.
Moussaoui, a-t-il raconté le 9 mars, avait nié appartenir à une organisation terroriste. Or, c'est autour de ce mensonge que l'accusation a construit sa démonstration : selon elle, si Moussaoui n'avait pas menti, les attentats à venir auraient été prévenus, du moins en partie, par le FBI. Des mesures préventives dans les aéroports et les avions auraient aussi pu être prises. De ce fait, même si Zacarias Moussaoui était en prison le jour des attentats qui ont tué près de 3.000 personnes, son mensonge en fait un "tueur" selon le gouvernement américain. Mais Harry Samit dispose aussi d'arguments pour la défense, qui avance que le gouvernement disposait déjà d'informations susceptibles d'empêcher les attaques. L'agent Samit avait notamment estimé que Moussaoui était un fondamentaliste dangereux méritant au minimum une fouille en règle de ses affaires, sans réussir à convaincre sa hiérarchie.
L'accusation doit aussi interroger pendant la semaine l'agent Aaron Zebley du FBI, qui affirmera qu'avec les informations en possession de Moussaoui "11 des 19 pirates de l'air", auraient pu être repérés. Après l'audition des témoins de l'accusation dans le domaine de l'aviation, sans doute avant la fin de la semaine, la défense appellera ses témoins. Lorsque les deux parties auront achevé leurs démonstrations respectives, le jury devra déterminer si le Français est passible de la peine de mort. Si la réponse est négative, Zacarias Moussaoui, 37 ans, qui a plaidé coupable en avril 2005 de complicité avec les auteurs des attentats, sera condamné à la prison à vie. S'il est déclaré "éligible" à la peine de mort, une deuxième phase du procès sera consacrée à l'examen de circonstances aggravantes et atténuantes.
(dessin d'audience)
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