Ukraine : retour en force du camp pro-russe ?

le 26 mars 2006 à 19h13 , mis à jour le 27 mars 2006 à 10h46

Un an et demi après la révolution orange, près de 37 millions d'Ukrainiens ont voté dimanche pour élire leur parlement, un scrutin crucial pour l'avenir de la politique pro-occidentale du pays. Le principal parti d'opposition pro-russe arrive en tête avec 24,7% des suffrages, selon les premiers résultats officiels.

TF1/LCI Ukraine elections IanoukovitchAleksandre Zubko/AFP

Les Ukrainiens ont voté dimanche pour élire leur parlement, un scrutin crucial pour l'avenir de la politique pro-occidentale du pays lancée par la Révolution orange. Le principal parti d'opposition pro-russe arrive en tête avec 24,7% des suffrages, selon les premiers résultats officiels annoncés lundi après le dépouillement de bulletins dans 10,06% des bureaux de vote. Le Parti des régions de Viktor Ianoukovitch a ainsi devancé le Bloc Ioulia Timochenko (ancien allié du président Viktor Iouchtchenko, aujourd'hui dans l'opposition, 23,8%) et la coalition présidentielle Notre Ukraine (17,11%). Ces chiffres préliminaires, annoncés environ 12 heures après la fermeture des bureaux de vote, révèlent la lenteur du décompte, freiné par le grand nombre des partis en lice qui sont 45 au total.0 Les sondages sortie des urnes publiés dimanche soir ont crédité le Parti des régions d'une avance plus importante sur ses rivaux, estimant son score à plus de 30%.

  • Ukraine : duel Ianoukovitch/ Timochenko au 2e tour

    L'opposant pro-russe Viktor Ianoukovitch est crédité de près de 35% des voix au premier tour dimanche de la présidentielle. Il affrontera le Premier ministre Ioulia Timochenko au deuxième tour le 7 février.

    Publié le 17/01/2010 Ukraine : duel Ianoukovitch/ Timochenko au 2e tour
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Reconstruction de l'alliance orange

Le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko a laissé entendre qu'il appellerait à la reconstruction de l'alliance orange qui l'avait porté au pouvoir avant d'éclater en raison de dissensions internes. Après avoir voté, M. Iouchtchenko a indiqué que des "consultations" devaient commencer lundi en vue d'une éventuelle réunification de l'équipe orange, brouillée depuis le limogeage du gouvernement en septembre de l'égérie de la Révolution, Ioulia Timochenko. Par ailleurs, il s'est félicité des "premières élections honnêtes et démocratiques" dans cette ex-république soviétique. "C'est un jour très important pour l'histoire de l'Ukraine", a déclaré le chef de l'Etat, arborant une cravate orange, couleur de son parti, Notre Ukraine.

"L'Ukraine a une superbe chance" 

Le leader de l'opposition pro-russe, Viktor Ianoukovitch, battu par M. Iouchtchenko à la présidentielle de 2004, a quant à lui promis de maintenir des relations "mutuellement profitables" avec l'UE. "L'Europe va soutenir l'Ukraine et l'Ukraine va construire des relations mutuellement profitables avec tous les Etats, y compris les Etats membres de l'Union européenne", a déclaré M. Ianoukovitch.

Ioulia Timochenko a choisi de voter à Dnipropetrovsk (est), sa ville d'origine. Vêtue de blanc et accompagnée de son époux et de leur fille, Mme Timochenko a assuré que le scrutin se déroulait "absolument normalement". "L'Ukraine a une superbe chance d'obtenir un bon gouvernement", a ajouté l'ancienne dirigeante, qui aspire à redevenir Premier ministre.

Près de 37 millions d'électeurs ont voté pour élire un Parlement qui jouera un rôle-clé dans la formation d'un gouvernement, aux termes d'une réforme constitutionnelle. L'ouverture du scrutin à 07H00 (04H00 GMT) a été marquée par de petits incidents, notamment des problèmes de bulletins dans certains bureaux. Ils n'ont cependant pas perturbé le vote, selon la Commission électorale centrale.

Une "avalanche de plaintes" 

Des observateurs russes ont pour leur part dénoncé de nombreuses irrégularités "techniques" comme des files d'attente dans des bureaux de vote ou le manque de bulletins et d'urnes, prévoyant une "avalanche de plaintes" judiciaires.

Le taux de participation s'élevait à 16H00 (13H00 GMT) à environ 41,48%, selon la Commission électorale. Les électeurs doivent aussi élire leurs députés régionaux et locaux, ainsi que leurs maires. Des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote devaient être publiés à 22H00 (19H00 GMT), les premiers résultats partiels n'étant attendus que dans la nuit de dimanche à lundi.

L'issue du vote est cruciale pour Viktor Iouchtchenko qui a besoin d'un soutien parlementaire stable pour maintenir sa politique pro-occidentale. Mais l'éclatement du camp orange, avec le départ de Mme Timochenko, et une certaine désillusion économique ont fait chuter la popularité du nouveau pouvoir et redonné vie à l'opposition pro-russe. Le Parti des régions de M. Ianoukovitch est crédité de 30% des intentions de vote par les sondages. Bien devant Notre Ukraine (20%) et le Bloc Ioulia Timochenko (17%). Les analystes estiment qu'aucune force politique ne devrait être en mesure de remporter la majorité des 450 sièges et que les vainqueurs devront former une coalition. Si les anciens alliés orange ne parviennent pas à se réconcilier, la nouvelle coalition devrait être dominée par le Parti des Régions, ce qui risque de freiner l'intégration de Kiev dans l'Otan.

(Ianoukovitch/AFP/Aleksandre Zubko)

le 26 mars 2006 à 19:13
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7 Commentaires

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  • Lancelot, le 27/03/2006 à 13h53

    Un petit message pour rétablir la vérité: Ma femme étant Ukrainienne je suis bien placé pour savoir ce qui s'y passe !!! Iouchtchenko n'a rien fait pour son pays, la corruption est toujours aussi présente (pour exemple il est dit en france qu'il n'est pas possible d'adopter des enfants ukrainien, cependant beaucoup d'étranger (ayant de l'argent) en adopte ?, en fait ce sont les mêmes personnes qui déclare sa, qui profite financièrement de ces adoptions !!!) De plus en 1 an et demi les prix ont plus que doubler !!! Il est donc normal que Iouchtchenko soit désavoué et que ce soit l'ancien gouvernement qui soit plébicité !!! Merci de ne pas me sensurer !!!

  • Pierre, le 27/03/2006 à 13h51

    Les gens de Ukraine ne veulent pas se séparer de la Russie. Les bilans des elections ont prouvé ca.

  • David, le 27/03/2006 à 11h01

    Je ne comprends plus rien de ce que la presse racontes à propos de pro russe,du moment qu'ils croient aux programmes de leur dirigeant pro russe,il y a desinformation ici en occident meme je crois pour la buellorussie,comment un perdant 17 mois aprés gagne plus des sièges.

  • Les yeux ouverts, le 27/03/2006 à 10h59

    Comment les médias occidentaux ont-ils pu s'extasier devant une corrompue comme Ioulia TImochenko et la qualifier de "démocrate" ? Alors que son seul mérite, comme tous les "oranges", s'est de livrer l'Ukraine aux miliardaires, hommes d'affaires américains, au détriment des Ukrainiens eux-mêmes ? On revoit les mêmes médias (aux mains des affairistes USA et de leurs caniches de 'ue), nous refaire le coup maintenant avec la Biélarussie. C'est de l'ingérence pure et simple, de la part de ceux-là même qui ne trouvent rien à dire aux dysfonctionnement lors de l'election d'un G. Bush !

  • Donbass, le 27/03/2006 à 10h23

    Pour comprendre, imaginez en France que la droite gagne avec 51% des voix et la gauche avec 49%. Et qu'au nord de la Loire la droite fasse plus de 90% des voix alors qu'au sud, la gauche fasse 90%. Le pays serait incouvernable. C'est exactement ce qui se passe chez nous en Ukraine avec l'Est et L'Ouest. La seule solution, c'est la sécession. Nous à l'Est, nous voulons être rattaché à notre patrie, la Russie, et que l'Ouest aille au diable...

  • Laurent, le 26/03/2006 à 20h13

    Le pouvoir en place de Iouchtchenko ne résulte pas d'élections, celles de 2004 ayant été déclarées, par la commission électorale de l'époque, déjà gagnée par Ianoukovitch. Autrement dit, le pouvoir actuellement en place l'a été par un coup d'Etat anti-démocratique mené par une opposition malhonnete sachant qu'elle ne pourrait accéder au pouvoir par la voie démocratique; coup d'Etat bien sur initié par les USA qui souhaite que l'Ukraine devienne sa chasse gardée. Seulement, ce que les américains incultes ou les européens qui les soutiennent ne savent pas, c'est que Kiev est depuis toujours le berceau de la Russie; alors je vois mal des nationalistes affairistes et corrompus genre Iouchtchenko ou Timochenko faire croire aux Ukrainiens que la soumission aux USA et le rejet de leurs frères russes soient leur avenir. Tous les sondages ukrainiens officiels donnent Ianoukovitch vainqueur de ces élections; belle revanche pour ce camp que l'on présentait comme soit disant corrompu et que l'on découvre maintenant victime d'une élection gagnée en 2004 mais volée par les dirigeants actuels au moyen d'un coup d'Etat de la rue. La pertinence de toutes les analyses des médias occidentaux sur la question est maintenant totalement discréditée; mais pour eux, comme pour les USA, peu importe les moyens, seule la fin compte : faire triompher les intérets US en europe de l'est. Peine perdue, les habitants des ex république soviétique semblent avoir une culture et une expérience politique que les occidentaux n'ont pas, et qui leur permettent de comprendre le role malsain et malhonnete joué par les USA et l'UE dans les destabilisations organisées au sein de leurs pays.

  • Antoine, le 26/03/2006 à 20h00

    En Ukraine comme en France, les bons vieux marxistes - jouant sur des reflexes de peur et d'immobilisme - sont de retour avec leurs recettes éculées qui n'amènent que récession et pauvreté.

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