© afpDécidément, les petites phrases de Silvio Berlusconi animent la campagne électorale des législatives italiennes de dimanche et lundi.
La semaine dernière, pour dénoncer la présence de communistes dans la coalition de gauche, il avait expliqué que "sous la Chine de Mao, on faisait bouillir les enfants pour servir d'engrais". Des propos qu'il avait réitérés malgré une mini-crise avec Pékin.
"Vulgaire"
Ce mardi, au lendemain du second débat télévisé face à Romano Prodi où les insultes ont fusé, sa nouvelle tirade n'est pas passée inaperçue. "J'ai trop d'estime pour l'intelligence des Italiens pour penser qu'ils puissent être couillons au point de voter contre leurs propres intérêts", a-t-il lancé lors d'une réunion avec des commerçants. "Pardonnez-moi mon langage abrupt certes, mais efficace" a-t-il ajouté.
Les critiques n'ont pas tardé : la gauche lui reproche d'insulter tous les Italiens. "Berlusconi a confirmé qu'il était un homme mal dégrossi, et vulgaire" a estimé l'opposition dans un communiqué. "En utilisant ces mots ignobles et violents, Berlusconi a jeté le masque et s'est montré tel qu'il est : quelqu'un qui utilise les médias comme un voyou et qui manque de respect pour la démocratie, pour les institutions et pour les Italiens" écrit la coalition menée par Romano Prodi. Les derniers sondages rendus publics il y a dix jours, donnent à Prodi et à sa coalition une avance de 3,5 à 5 points sur la droite regroupée autour du président du Conseil.
| Berlusconi ne participera pas à un show télévisé mercredi soir |
La participation du chef du gouvernement à une émission de Canale 5 mercredi soir, au mépris des règles de la campagne électorale avait provoqué un tollé. Silvio Berlusconi a finalement renoncé à y participer. Le duel télévisé entre le chef du gouvernement et son adversaire Romano Prodi diffusé lundi soir à la télévision publique avait été annoncé comme la dernière apparition sur un plateau des deux candidats. Silvio Berlusconi avait également promis il y a plusieurs semaines qu'il renonçait à la conférence de presse finale qu'il voulait tenir seul après le dernier duel. Mercredi, l'annonce de sa participation a suscité la réprobation de toute l'opposition, de l'Autorité de Garantie des Communications mais aussi du Conseil de rédaction du journal télévisé de Canale 5, qui a déploré la présence du chef du gouvernement sans contradicteur. Affirmant qu'il avait prévenu l'Autorité de Garantie des Communications, Silvio Berlusconi a aussi reçu un démenti formel. L'Autorité a déjà sanctionné par trois amendes de plusieurs centaines de milliers d'euros les chaînes de Mediaset pour non respect de la loi sur l'équité entre les candidats depuis le début de la campagne électorale.
(photo : Silvio Berlusconi)
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