© afpQUI VOTE ?
40 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Peuvent voter les personnes de plus de 18 ans pour la Chambre des députés et de plus de 25 ans pour le Sénat.
Les bureaux de vote sont ouverts dimanche et lundi jusqu'en milieu d'après-midi. Les premières estimations sont attendues dès la fermeture, soit lundi à 15h, heure française.
QUI LES ITALIENS ELISENT-ILS ?
Les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat (représentant les régions et qui compte également 7 sénateurs à vie). Ils sont tous élus au suffrage universel direct.
QUELLE EST LA MAJORITE SORTANTE ?
Elue en 2001, il s'agit de la coalition de droite baptisée "Maison des libertés". Elle est constituée principalement de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, de l'Alliance nationale, la formation post-fasciste de Gianfranco Fini, de la Ligue du Nord d'Umberto Bossi et des démocrates-chrétiens de droite de l'UDC. Alexandra Mussolini, la petite-fille du Duce, qui revendique l'héritage de son grand-père, en fait également partie. Cas rarissime en Italie, Silvio Berlusconi a été le seul Premier ministre de la législature.
COMMENT SE DEROULE LE SCRUTIN ?
La nouvelle loi électorale, votée en décembre dernier, est très complexe. Abandonnant le système mixte en vigueur depuis 1994, elle a réintroduit la proportionnelle avec un scrutin de listes bloquées. Concrètement, les Italiens vont donc voter pour des listes présentées par différents partis, eux-mêmes regroupés en coalitions.
A la Chambre des députés, la coalition qui aura obtenu la majorité des voix au niveau national se verra attribuée automatiquement 340 des 630 sièges, les autres étant répartis selon les scores de chaque bloc. Au Sénat, la répartition se fera sur une base régionale. Il est donc tout à fait possible que la majorité soit différente dans les deux Chambres. Or une loi devant être approuvée par les deux instances, le pays pourrait alors être ingouvernable et un nouveau scrutin organisé.
La gauche accuse Silvio Berlusconi d'avoir modifié le mode de scrutin pour à la fois réduire l'importance de son échec probable et empêcher la mise en place d'une majorité stable.
QUELLES SONT LES FORCES EN PRESENCE ?
- A droite : la coalition de la "Maison des Libertés" (10 partis), dirigée par Silvio Berlusconi(voir ci-dessus).
- A gauche : la coalition de "L'Union", dirigée par Romano Prodi, ancien Premier ministre (1996-1998) et ancien président de la Commission européenne (1999-2004). Elle regroupe 14 partis très disparates, qui, sur l'échiquier politique français, iraient des Verts à l'UDF : les principaux sont les Démocrates de gauche (Democratici di Sinistra) de Piero Fassino et Massimo d'Alema, la Marguerite (Margherita) de l'ancien maire de Rome Francesco Rutelli, la Refondation communiste (Rifondazione communista) de Fausto Bertinotti. Romano Prodi ne dirige aucune de ces formations, mais a gagné, sur le modèle des Etats-Unis, la primaire ouverte à tous les électeurs en octobre dernier.
QUELLES SONT LES PERSONNALITES DES DEUX LEADERS ?
Difficile de faire plus différent que Silvio Berlusconi, "Il Cavaliere", et Romano Prodi, "Il professore". Le premier, 69 ans, populiste, mise sur son charisme et son franc-parler, le second, 66 ans, sur sa rigueur et son sérieux : cliquez ici pour découvrir leur portrait en vidéo. Avec leur duel, ce sont vraiment deux Italies qui se font face-à-face.
COMMENT S'EST DEROULEE LA CAMPAGNE ?
Dans un climat tendu, où les insultes ont volé entre les deux camps. Silvio Berlusconi, spécialiste des dérapages verbaux, a multiplié les invectives, allant même jusqu'à traiter les électeurs de gauche de "couillons". Lors du second débat télévisé, Romano Prodi a quant à lui qualifié son adversaire d'"ivrogne". Silvio Berlusconi a également multiplié les émissions télévisées, notamment sur les chaînes lui appartenant.
QUELS ONT ETE LES THEMES PRINCIPAUX DE LA CAMPAGNE ?
Un programme très technique, réaliste, mais parfois vague de 281 pages pour Romano Prodi. Un "contrat" de 28 pages pour Silvio Berlusconi. Là aussi, les différences sont flagrantes.
- Economie. En 2001, Berlusconi avait promis de "réussir avec le pays ce qu'il avait réussi dans les affaires", promettant même de démissionner si la situation économique ne s'améliorait pas. Cinq ans après, c'est loin d'être le cas, au contraire. Seul le taux de chômage est maîtrisé à 7%. La gauche promet de redynamiser le marché du travail en baissant les charges et en diminuant le déficit du budget de l'Etat. Mardi, lors du second débat, Berlusconi a fait une promesse spectaculaire : la suppression de la taxe foncière.
- Politique étrangère. Silvio Berlusconi s'est montré beaucoup plus pro-américain que pro-européen. Son soutien à l'intervention en Irak, avec l'envoi d'un contingent de 3 000 soldats, a été vivement critiqué. L'Italie a d'ailleurs payé un lourd tribut, avec des attentats contre ses militaires et l'enlèvement de plusieurs civils, dont un a été assassiné. Il projette de faire rentrer ses troupes pour la fin 2006 au plus tard.
De son côté, Romano Prodi s'est engagé à quitter l'Irak le plus tôt possible. Ancien président de la Commission européenne, il devrait également revenir à des relations plus poussées avec la France et l'Allemagne.
QUI PART FAVORI ?
Les sondages sont interdits depuis deux semaines. Les dernières enquêtes donnaient une avance d'environ 2 à 4 points pour Romano Prodi (51-52% contre 48-49%). Mais 30% des électeurs se disaient encore indécis. Sans surprise, chaque camp se dit persuadé de la victoire.
(photo afp : Silvio Berlusoni, à gauche ; Romano Prodi, à droite)
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