© INTERNEEn visite depuis dimanche dans la région de Constantine, le Président algérien a de nouveau dénoncé les effets négatifs de la colonisation française de l'Algérie, de 1830 à 1962. Dans une interview accordée lundi à la télévision publique, Abdelaziz Bouteflika a estimé que la présence française avait provoqué "un génocide" de l'identité, de l'histoire, de la langue et des traditions algériennes. "Nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs (berbères), des Arabes, des Européens ou des Français", a-t-il précisé, en citant des expressions de l'arabe algérien truffées de mots français.
"pas de commentaire" pour le gouvernement français
Le gouvernement français n'a pas souhaité réagir mardi aux propos d'Abdelaziz Bouteflika. "Notre réaction est simple sur ce point : je ne ferai pas de commentaire sur les déclarations du président algérien", a déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Denis Simonneau.
Une "dérive dangereuse" du président algérien
Le président de l'association marseillaise d'entrepreneurs franco-algériens Club 92, Slimane Azzoug, a vivement réagi à ces déclarations et dénonce, dans un entretien accordé au quotidien régional La Provence, une "dérive dangereuse" du président algérien. "Pour moi, c'est une insulte à tous les immigrés, les patrons qui oeuvrent depuis des années pour le rapprochement franco-algérien", a-t-il déclaré.
Plusieurs mois de tensions entre Paris et Alger
Le chef de l'Etat algérien avait en 2005 maintes fois dénoncé en termes durs la colonisation et ses "crimes", suite au vote en février 2005 d'une loi française mentionnant "le rôle positif" de la colonisation. En août dernier, Abdelaziz Bouteflika avait estimé que les Français n'avaient pas eu "d'autres choix que de reconnaître qu'ils ont torturé, tué, exterminé de 1830 à 1962, qu'ils ont voulu anéantir l'identité algérienne", faisant que "nous n'étions ni berbères, ni arabes, ni musulmans, nous n'avions ni culture, ni langue, ni histoire". Il avait fustigé la loi française qui relevait selon lui d'"une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme". Malgré l'abrogation de l'article controversé, le vote de la loi française a hypothéqué le "traité d'amitié", qui aurait dû être signé en 2005 entre l'Algérie et la France. Il ne l'a toujours pas été.
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