Comment Moussaoui est tombé dans un islam extrémiste

le 19 avril 2006 à 19h53 , mis à jour le 19 avril 2006 à 19h57

Il manquait d'affection, de repères et a erré à Londres sans le sou : mercredi les jurés au tribunal fédéral d'Alexandria ont appris comment Zacarias Moussaoui, comme d'autres Français issus de l'immigration, a été recruté par Al-Qaïda.

Zacarias Moussaoui dessin

Il manquait d'affection, de repères et a erré à Londres sans le sou : mercredi les jurés au tribunal fédéral d'Alexandria ont appris comment Zacarias Moussaoui, comme d'autres Français issus de l'immigration, a été recruté par Al-Qaïda. Avant même d'arriver à Londres, au début des années 1990, "la coupe était pleine" pour Zacarias Moussaoui, a témoigné le psychologue spécialiste des phénomènes sectaires Paul Martin.

Ce Français d'origine Marocaine, qui risque la peine de mort ou la prison à vie pour complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, avait eu une enfance difficile, marquée par des problèmes familiaux et, comme d'autres Français issus de l'immigration et acculturés, il représentait une proie facile pour Al-Qaïda, selon l'expert.

Dans une situation vitale difficile

Les recruteurs opéraient comme les sectes, en effaçant un sentiment de "marginalisation" et en comblant des vides affectifs, voire économiques, a-t-il souligné, en citant les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar, spécialiste en France de ces questions.

Avant même de quitter la France, le racisme était devenu chez Zacarias Moussaoui "une obsession", a aussi indiqué, dans un livre qui lui est consacré, son frère Abd Samad. Mais il n'avait pas abandonné toute illusion.

Titulaire d'un BTS technico-commercial, il se rêvait homme d'affaires dans l'import-export et avait fini par vendre sa Ford Fiesta pour séjourner à Londres et perfectionner son anglais. Or, sur place, "personne ne l'attendait", a souligné Abd Samad dans "Zacarias Moussaoui, mon frère".

Agé d'un peu plus de 20 ans, âge propice à l'apparition d'une maladie comme la schizophrénie, un temps hébergé dans un foyer de sans-abris, il était dans "une situation vitale difficile". Les recrues ayant son profil "n'ont pas de sentiment d'appartenance" à un groupe. "Et lorsqu'ils sont pour la première fois en contact avec des éléments radicaux, ils ont (...) le sentiment d'appartenir!", a expliqué M. Martin.

Ce sentiment là, il l'a d'abord eu à la mosquée de Brixton, dans le sud de Londres. Réputée modérée, elle accueille essentiellement des convertis à l'islam. "On l'héberge, il est apprécié, il s'intègre", dit M. Martin.

"Lavage de cerveau" 

Aux abords de la mosquée, les recruteurs guettent. Moussaoui est sans doute embrigadé dans des "cercles d'études" de l'islam. Selon l'expert, au sein de ces cercles, la mosquée de Brixton est dévalorisée. On explique aux étudiants qu'ils peuvent apprendre au côté de véritables spécialistes parlant l'arabe. On visionne des films violents montrant des atrocités commises à l'égard de musulmans en Bosnie: castration, exhibition du fruit de cette castration sur des plateaux. A cette époque, Moussaoui était entouré et a d'ailleurs décroché un master en commerce international en 1995.

L'étape suivante est archi-connue: les camps d'entraînement en Afghanistan, où le sentiment d'appartenir à un groupe de privilégiés se solidifie. Selon une version déclassifiée d'un rapport de la CIA de 2003 lue à l'audience, sur place les recrues se voyaient encore appliquer des techniques sectaires: "lavage de cerveau", "isolement" de la famille.

Après une brève suspension, l'audience s'est poursuivie, avec le témoignage d'un éminent psychiatre américain, Michael First, qui a dès le départ expliqué qu'il était persuadé, comme un autre expert appelé la veille, que le Français était atteint de schizophrénie. Avec ces témoignages, les avocats de Zacarias Moussaoui cherchent à mettre en valeur des "circonstances atténuantes" qui amèneront les jurés à le condamner à la réclusion à perpétuité et non à la peine de mort. (AFP)

le 19 avril 2006 à 19:53
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6 Commentaires

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  • Maurice, le 20/04/2006 à 08h04

    Tous les gens qui manquent d'affection pendant leur enfance ne deviennent pas des tueurs .Et heureusement ....

  • Ericka, le 20/04/2006 à 07h37

    Et puis quoi encore on va le liberer tout ca parce qu il a eu une enfance difficile ou qu il est atteint de schizophrénie! vive la justice dans ce pays des avocats ne devraient pas defendre de telle personne, s il est libéré qui vous dit qu il ne recommencera pas dans d autres villes, comme Paris! La peine de mot c est tout ce qu il faut pour ce genre de personnages

  • themis, le 19/04/2006 à 21h09

    Pour répondre à kamara de Marseille : visiblement vous êtes ignorant (e). Le parcours de Moussaoui est hélàs une victime : aussi bien du manque d'affection, suite au désequilibre familial, que du fait d'être atteint par l'hérédité deschyzophrénie (ds certaines familles c'est le diabète, ds d'autres c'est la maladie mentale). Je parle en connaissance de cause pour avoir été touchée de près par ce drame.Il se trouve que pour son malheur, Moussaoui a croisé des terroristes, il aurait pu croiser "tout bonnement" une secte quelconque (c'est ce qui est arrivé à mon neveu ayant eu les mêmes problèmes que Moussaoui, et qui a fini par détester toute sa famille car cela faisait partie du "programme" de lavage de cerveau de la secte. Et si les jurés sont plus intelligents et plus cultivés que ce M. kamara, alors ils n'enverront pas à la mort ce pauvre malade. Pour information, les médecins ne savent pas encore comment "guérir" de ce mal, donc Moussaoui est déjà condamné à vie par son mal, comme c'est le cas de tous ceux qui sont atteints de cette maladie. Qu'on le "pique" ou qu'on le laisse pourrir en prison, il a eu la malchance de faire partie des perdants de la vie. Un point c'est tout.

  • Mostafa Mhasni, le 19/04/2006 à 20h51

    Fondée sur le dogme et l'éxclusion ,la politique de busch favorise le climat de l'éxtrémisme au sein des gens frustrés à l'image de moussaoui et porte préjudice aux démocrates et modérnistes arabes dans leur combat contre,justement,le dogme et l'exclusion .. la dessus,busch et ben laden,ne se sont ils pas alliés objectivement, contre nous ..?!!

  • Laurent, le 19/04/2006 à 20h45

    "Enfance difficile", "schizophrénie" et maintenant "lavage de cerveau", ensuite, ce sera quoi ? décidement les avocats de moussaoui ne savent plus quoi inventer.

  • Kamara, le 19/04/2006 à 20h15

    Je ne trouve pas du tout qu'il soit atteint de quoi que ce soit , ca c'est pour la défense , quant a la réalité ; c'est qu'il est atteint d'une haine anti non-musulmans qui est incurable , ce type est très dangereux .., et ça les Américains et les Jurés , ils ont très bien compris .

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