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Les grandes puissances n'ont pu se mettre d'accord, mardi et mercredi à Moscou, sur des sanctions éventuelles vis-à-vis de l'Iran, qui a de nouveau défié la communauté internationale en annonçant une intensification de son programme nucléaire.
Une délégation iranienne arrivée précipitamment mercredi à Moscou a annoncé aux diplomates de la troïka européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne) que Téhéran prévoyait de mettre bientôt en route de nouvelles centrifugeuses pour enrichir de l'uranium.
Moscou refuse d'obtempérer
Les trois directeurs politiques européens ont fermement appelé l'Iran à ne pas poursuivre dans cette direction, mettant en garde le régime de Téhéran contre des "mesures qui auraient pour effet de l'isoler d'avantage", a indiqué ce responsable sans utiliser toutefois le terme de "sanctions". La délégation iranienne a annoncé la prochaine mise en route de deux cascades de centrifugeuses. Une cascade compte 164 machines. Une seule cascade fonctionne actuellement en Iran, à l'usine de Natanz.
Par ailleurs, l'un des participants à la réunion du G8, le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns, a lancé mercredi soir un appel à la Russie, lui demandant de cesser toute collaboration nucléaire avec l'Iran, y compris en ce qui concerne l'immense chantier de la centrale de Bouchehr (Iran) construite par les Russes dans le sud de l'Iran.
Washington cherche depuis longtemps à convaincre Moscou d'abandonner le projet de Bouchehr, estimant qu'il pourrait servir de couverture à un projet de nucléaire militaire, mais Moscou a toujours refusé d'obtempérer. M. Burns a utilisé mercredi un argument indirect, mais qui sera probablement pris au sérieux à Moscou, en mettant en garde sur l'impact que le dossier iranien risque d'avoir sur le sommet du G8 prévu en Russie en juillet. A la différence des Etats-Unis, la Russie et la Chine restent opposées pour l'heure à des sanctions contre Téhéran.
"Une action unilatérale des Etats-Unis"
"Il est évident que l'Iran sera un des principaux problèmes, d'abord pour les ministres des Affaires étrangères et, très probablement, pour les chefs d'Etat" du G8, a affirmé M. Burns. Les Etats-Unis "feront ce qu'ils ont à faire pour empêcher l'Iran" d'avoir des armes nucléaires, a-t-il ajouté, alors que la presse américaine s'est faite l'écho de possibles frappes militaires contre l'Iran. M. Burns a déclaré que la plupart des membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et du G8 étaient prêts à envisager des "sanctions" contre l'Iran. "Presque chaque pays envisage des sanctions de quelque sorte et c'est nouveau", a dit M. Burns.
Mais il n'a pas exclu une action unilatérale des Etats-Unis. "Je pense que Washington a clairement exposé son point de vue et qu'il n'est de l'intérêt de personne que l'Iran possède des armes nucléaires", a-t-il souligné. "Et nous allons faire ce que nous avons à faire pour empêcher cela", a-t-il martelé.
Le Conseil de sécurité de l'Onu a donné jusqu'au 28 avril à l'Iran pour cesser ses activités d'enrichissement. M. ElBaradei devra rendre compte d'ici cette même date au Conseil de sécurité et à l'AIEA du respect ou non par Téhéran de ses obligations. Les présidents français et égyptien, Jacques Chirac et Hosni Moubarak, se sont prononcés mercredi pour une solution diplomatique de la crise sur le nucléaire iranien.
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