Débat houleux entre Berlusconi et Prodi

le 04 avril 2006 à 08h34 , mis à jour le 04 avril 2006 à 09h24

Attaqué sur sa politique fiscale, le leader du centre-gauche Romano Prodi a voulu rassurer les Italiens lundi soir face à Silvio Berlusconi qui a beaucoup promis mais a perdu son sang-froid plusieurs fois, lors du dernier duel télévisé avant les législatives des 9 et 10 avril.

debat prodi berlusconi 04 avril3 avril 2006. Pour son second débat télévisé face à son adversaire Romano Prodi, Silvio Berlusconi se fend d'une nouvelle tirade verbale : "Respectez le chef du gouvernement" lui lance-t-il, afffirmant qu'il est un "idiot nécessaire". © TF1/LCI Berlusconi Prodi débat

Cliquez ici pour voir un extrait du débat 

Le débat de lundi soir a été marqué dans les dernières secondes par un coup de théâtre de Silvio Berlusconi, qui a promis aux Italiens de supprimer la taxe foncière communale sur les nouvelles constructions. "Oui, vous avez bien entendu, nous allons l'abolir", a-t-il répété, en concluant sa dernière intervention.

Cette ultime tentative de séduction de Silvio Berlusconi lui a permis de conclure la soirée avec aisance. Durant les 90 minutes de débat, le chef du gouvernement a craqué à deux reprises et n'a pu s'empêcher d'interrompre son adversaire sur son temps de parole, obligeant le modérateur à le reprendre fermement.

"Respectez le chef du gouvernement !", a-t-il lancé avec furie quand Romano Prodi l'a raillé en citant calmement le dramaturge britannique George-Bernard Shaw : "M. Berlusconi s'accroche aux chiffres comme les ivrognes s'accrochent à leur réverbère". Quelques instants plus tôt, l'animateur et journaliste Bruno Vespa devait déjà intervenir pour faire taire le chef du gouvernement alors que Romano Prodi, qui avait la parole, l'attaquait sur sa gestion des dépenses publiques.

Rétablissement des droits de succession

La confrontation a tourné autour des impôts et le leader du centre-droit a tout fait pour mettre son adversaire en difficulté, répétant qu'il avait avec ses alliés communistes le projet de s'en prendre à l'épargne des Italiens. "Ils ont encore cette haine de la propriété privée", "ils considèrent le profit comme immoral" et "veulent retirer (des richesses) aux classes moyennes pour les donner à la classe ouvrière", a lancé Silvio Berlusconi. Mais Romano Prodi a affirmé clairement que le rétablissement des droits de succession, supprimés par le gouvernement Berlusconi, ne s'appliquerait qu'aux patrimoines de "plusieurs millions d'euros".

Selon les derniers sondages publiés il y a dix jours, la coalition de centre-gauche l'emporterait avec trois à cinq points d'avance sur celle de centre-droit, mais 30% d'Italiens se déclaraient encore indécis. Le premier débat entre les deux hommes, remporté par Romano Prodi selon la plupart des observateurs, avait rassemblé près de 17 millions de téléspectateurs le 14 mars, soit plus de 50% de parts de marché.

 Pas de vainqueur pour la presse italienne


L'ensemble des journaux italiens évoquent mardi la promesse "surprise" et "populiste" faite par Silvio Berlusconi d'abolir une partie des taxes foncières. Elle aconstitué "le clou" du débat télévisé de 90 minutes, estime le Corriere della Sera, qui ne donne l'avantage à aucun des deux candidats mais parle plutôt de "parité". 

Pour La Repubblica, journal marqué à gauche, Romano Prodi "gagnait le débat" lorsque dans les dernières secondes "Silvio Berlusconi avec son appel aux électeurs lui a porté le coup de grâce" en "osant l'inosable". Prodi était en avance d'une tête avant que Berlusconi n'assène son coup", juge également La Stampa, pour qui l'"ultime promesse" du chef du gouvernement "a réussi à le remettre à niveau dans un débat où il était apparu en position désavantageuse".

Pour Il Messaggero, Silvio Berlusconi "a joué la montre" et a usé de "l'effet surprise" grâce à "un coup soigneusement étudié".  Enfin, le quotidien économique Il Sole-24 Ore, évoque pour sa part "l'effet incertain" de l'annonce qui a fourni "les gros titres aux journaux" et va provoquer "un déluge de polémiques", et estime qu'"il est difficile de dire si la bombe de l'Ici va suffire à effacer l'image d'un Berlusconi peu à l'aise tout .

Débat Prodi / Berlusconi, lundi soir. Image LCI.

le 04 avril 2006 à 08:34
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7 Commentaires

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  • Vastre, le 04/04/2006 à 15h53

    Avant de se moquer de la classe politique italienne, il faut s'excuser du spectacle qu'offrent nos dirigeants à nos voisins hilares.

  • Arno, le 04/04/2006 à 12h23

    Au moins Silvio nous fait bien marrer. Il chante, se fait tirer la peau, porte des bandanas et fait des bourdes monumnetales sur les chinois. Prodi est un peu trop terne. Quand à l'honnetete, entre droite ou gauche c'est match nul.

  • Olivier, le 04/04/2006 à 11h51

    Les médias parlent beaucoup du pouvoir de Berlusconi dans les médias, mais on oublie un peu vite qu'en France c'est le règne (la dictature plutôt) du politiquement correct, le respect des temps d'antenne des partis sont largement baffoués au profit du PS et l'UMP.

  • Italienne, le 04/04/2006 à 11h48

    Romano Prodi est le symbole même de la politique "combinazione". Jamais clair, jamais décidé : un coup à droite, un coup à gauche, et même à l'extrême gauche qd cela l'arrange. Il est terne, l'image du bureaucrate européen. Qd il était commissaire à l'UE, il n'a fait que donner l'image de ce qu'il est : un fonctionnaire, sans projet ni envergure. S'il gagnait, l'Italie serait ingouvernable (les partis de sa coalition ne partagent que des idées contraires à chacun)et se retrouverait dans un état pire que celui où elle est aujourd'hui.

  • Olivier, le 04/04/2006 à 11h46

    Comme à leur vieille habitude, les médias français aiment déformer ou sélectionner l'actualité étrangère, systématiquement en faveur des partis de gauche. Berlusconi n'est peut être pas un saint, mais au moins a t'il le mérite de parler sans langue de bois sur bon nombre de sujet tabou en France, quand à la gauche italienne, elle donne au moins autant dans la démagogie et l'angelisme que la gauche française

  • Antonino, le 04/04/2006 à 11h36

    Je suis outré par le comportement de Berlusconi. C'est un bandit maffieux qui est à la tête de l'Italie, il l'a mise en faillite et les Italiens n'en peuvent plus de lui. C'est l'homme le plus riche du pays et il possède quasiment toutes les télévisions italiennes, s'en prenant même à la RAI (tv du service public). Hier avec son "show caricatural et bouffon" il n'a sûrement pas gagné l'estime des électeurs. Ses promesses devraient encore voir se creuser le gouffre entre les riches et les pauvres. Cette année, pour la 1ère fois, tous les Italiens de l'étranger peuvent voter par la poste, je l'ai fait très rapidement afain que l'Italie sorte plus grande et plus forte, suite à ces élections. Enfin, il ne faudra pas oublier, au moment du vote, les propos racistes de Berlusconi et son alliance avec des partis d'extrême-droite et néo-fascistes. Cela fait froid dans le dos! Romano Prodi a été clair et sincère dans ses propos lors du débat d'hier soir. Nous verrons bien les résultats, mais je verrais bien Prodi remporter ces élections avec une grande différence de points face à Berlusconi.

  • Le sagard, le 04/04/2006 à 09h38

    Les italiens sont seuls jugent mais Berlusconi les a trompé,les a volé,il profite de son pouvoir pour s'enrichir personellement,detruisant meme des sites protegés pour se faire construire un lac privé,il detourne les televisions a son avantages,et malheur a qui ose le contredire la porte du chomage lui seront ouverte.Prodi n'est surement pas un saint mais il est honnete et a reussi a mettre toutes les voix de gauche sur son nom,l'obligant par la suite a tenir ses promesses;Le chef du gouvernement italien et comme notre president,ils ont surement une force de caractere,meneur d'hommes,mais les deux savent trés bien que la fin de leur mandat les conduiront devant les tribunaux,qui eux n'appartiennent a aucun groupe,quoique!!!

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