© INTERNEC'est une bourde monumentale, Tony Blair a reconnu un "fiasco systémique". Mardi, son ministre de l'Intérieur, Charles Clarke, a révélé que ses services avaient libéré depuis 1999, plus de 1 000 criminels étrangers en fin de peine sans qu'ils ne subissent au préalable les contrôles réglementaires ; vérifier s'il y avait lieu de les expulser, entre autres. Parmi eux : des meurtriers, des pédophiles et des violeurs, notamment. Le ministère a reconnu ne pas savoir où la plupart d'entre eux se trouvaient, ni s'ils avaient éventuellement récidivé depuis leur libération.
Tony Blair a admis ce "couac" mercredi devant les Parlementaires en déclarant que la procédure prévue pour l'éventuelle expulsion de tels détenus était "gravement et fondamentalement défaillante" depuis des années. Un comble pour celui qui se présente comme le héraut de la sécurité et du respect de l'ordre public... Malgré tout, Tony Blair s'est opposé à la démission du ministre de l'Intérieur. Et ce dernier, allié clé du locataire de Dowing street, de s'engager à remédier à cet "état de choses scandaleux".
La gaffe de trop ?
Cette affaire des prisonniers est d'autant plus gênante politiquement qu'elle fait partie d'une série de révélations gênantes pour le Parti travailliste qui, selon un sondage d'opinion publié cette semaine dans la presse, est plus impopulaire qu'à aucun moment des dix-neuf dernières années.
Lundi, Patricia Hewitt, la ministre de la Santé avait provoqué un tollé en assurant que le système national de santé britannique venait de connaître sa meilleure année, ceci au moment même où les hôpitaux viennent d'annoncer 7.000 suppressions d'emplois et en prévoient 13.000 autres.
Mercredi, un autre coup dur a été porté au gouvernement Blair quand son numéro 2, John Prescott a vu, dans la "grande" tradition de la presse britannique, sa vie privée étalée au grand jour avec six pages de photos dans le Daily Mirror le montrant avec sa maîtresse, de 20 ans plus jeune.
Des prisonniers libérés sans vérifications, l'état des services de santé publique critiqué, la liaison extraconjugale d'un de ses ministres... Des "contretemps" pour Tony Blair qui interviennent quelques jours avant des élections locales qui constitueront le premier test électoral du New Labour depuis la réélection du Premier ministre en mai dernier. Le Times jugeait mercredi que "l'affaire Clarke" était "peut être la gaffe de trop pour les travaillistes". (Avec AFP).
(Tony Blair/archives/DR)
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