
Le président George W. Bush avait autorisé des fuites à la presse sur l'Irak, a affirmé l'ancien chef de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, Lewis Libby, au procureur chargé d'instruire l'affaire Plame. Lewis Libby est soupçonné d'avoir divulgué à la presse l'identité de Valerie Plame, agent de la CIA, ce qui constitue un crime fédéral aux Etats-Unis. Ce scandale a fortement terni l'image de l'administration Bush dans l'opinion publique.
Dans un document rédigé par le procureur Patrick Fitzgerald, Lewis Libby affirme qu'il a discuté avec une journaliste du New York Times, Judith Miller, à l'origine de la publication de ces informations, après avoir parlé avec le vice-président Cheney. Ce document rendu public jeudi dit que "la participation de l'accusé à une conversation cruciale avec Judith Miller le 8 juillet s'est déroulée seulement après que le vice-président eut dit à l'accusé que le président avait spécifiquement autorisé l'accusé à divulguer certaines informations contenues dans le NIE" (National Intelligence Estimate), qui est un compte-rendu des services de renseignement.
Joseph Wilson et les "faux prétextes" de la guerre en Irak
Le procureur Patrick Fitzgerald cherche depuis décembre 2003 à savoir qui a divulgué à la presse l'identité de l'agent Plame, dont le mari Joseph Wilson, un ancien ambassadeur, s'était publiquement interrogé sur de "faux prétextes" invoqués par l'administration Bush pour envahir l'Irak en 2003.
Joseph Wilson affirme que la Maison Blanche a voulu le discréditer en laissant entendre qu'il n'avait dû qu'à sa femme, Valerie Plame, spécialiste des armes de destruction massive à la CIA, l'obtention en 2002 d'une mission d'enquête au Niger sur l'existence d'un éventuel trafic nucléaire avec l'Irak. Wilson avait conclu qu'un tel trafic n'existait pas, et il estime que la Maison Blanche a délibérément exagéré la menace de l'arsenal de Saddam Hussein.
Au cours de son enquête, Patrick Fitzgerald a interrogé de nombreux collaborateurs de l'administration Bush, ainsi que des journalistes qu'il a contraints de livrer leurs sources - jusqu'à envoyer en prison la journaliste du New York Times Judith Miller, qui est restée détenue 85 jours avant de témoigner sur ses conversations avec Lewis Libby.
Photo d'ouverture : Lewis Libby, directeur du cabinet démissionnaire du vice-président Dick Cheney - DR
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