
L'Italie entière espérait la libération du petit Tommaso, 18 mois, enlevé le 2 mars dernier. Depuis l'annonce de la mort de l'enfant, les réactions affluent. Le pape Benoît XVI a fait part de son émotion lors de son salut aux fidèles, après la prière de l'Angelus : "nous sommes tous touchés par le meurtre de Tommaso, tué d'une manière barbare. Nous prions pour lui et pour toutes les victimes de la violence", a-t-il déclaré. L'enfant qui souffrait d'épilepsie avait été enlevé dans sa maison de Casalbaroncolo, près de Parme, devant ses parents et son petit frère. Benoît XVI avait rapidement demandé sa libération.
Le chef de l'Etat italien, Carlo Azeglio Ciampi, s'est fait l'écho du choc causé samedi soir par les aveux des ravisseurs, alors que tout le pays croyait que l'enfant serait bientôt libéré. "Quand nous avons appris la terrible nouvelle hier, ma femme et moi avons ressenti une horreur à nous glacer le sang qui nous a coupé le souffle", a-t-il confié. Spontanément, dans tous les stades de la péninsule, les équipes de football ont observé dimanche une minute de silence à la mémoire du bébé.
Peine de mort pour les meurtres d'enfants
La douleur des parents a déclenché une vague de colère dans le pays. De nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une modification de la Constitution, afin d'instituer la peine de mort pour les meurtres d'enfants. Le ministre de la Justice, Roberto Castelli, membre du parti populiste de la Ligue du nord, a exclu la possibilité d'une telle réforme. "Personnellement, je suis opposé à la peine de mort. Elle ne résout rien. Mais je suis partisan d'une peine exemplaire", a-t-il déclaré.
L'arrestation samedi de deux hommes et une femme dans le cadre de l'enquête avait fait renaître l'espoir.
Mais la nouvelle est tombée comme un couperet. L'un des hommes, un maçon sicilien de 44 ans, Mario Alessi, a avoué le rapt et le meurtre de l'enfant. Il a provoqué les confessions du second, Salvatore Raimondi, 27 ans, lui aussi sicilien, dont les empreintes avaient été trouvées sur la bande adhésive utilisée pour attacher les parents Paolo et Paola, et son frère de 8 ans, Sebastiano. Les deux hommes avaient effectué des travaux dans la maison de la famille. La compagne de Mario Alessi, Antonella Conserva, est également soupçonnée d'avoir joué un rôle dans ce rapt.
Tué parce qu'il pleurait
Le corps de l'enfant a été retrouvé samedi soir dans un terrain vague, où il avait été abandonné. Les ravisseurs voulaient obtenir une rançon du père, responsable d'un bureau de poste, mais ont mis fin aux jours du garçon parce qu'il pleurait, ont-ils expliqué aux policiers, et ce dès le premier jour de l'enlèvement. D'après les enquêteurs, le visage du bébé portait des traces de coups.
Depuis leurs aveux, les deux hommes s'accusent mutuellement du crime. Mario Alessi a déjà été condamné à six ans de prison pour violences sexuelles par la Cour d'appel de Palerme. L'homme était en liberté car il avait saisi la Cour de cassation, qui doit se prononcer dans les prochains jours sur la sentence prononcée par la Cour d'appel.
Photo: Tommaso
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