
"Mesdames et Messieurs, ici le capitaine, s'il vous plait asseyez-vous et restez assis. Nous avons une bombe à bord" : ce sont les premières paroles de Ziad Jarrah, prononcées après avoir pris le contrôle du vol 93 de United Airlines, le dernier appareil qui s'est écrasé le 11 septembre 2001, à 10h03, en Pennsylvanie.
Jurés, spectateurs, journalistes du procès de Zacarias Moussaoui ont alors écouté les 32 minutes qui ont suivi sans un silence atterré. Ces paroles, contenues dans la boîte noire où sont consignées les conversations dans le cockpit, n'avaient auparavant été entendues que par quelques familles de victimes. L'enregistrement ne sera d'ailleurs pas diffusé publiquement. En parallèle, les procureurs ont diffusé un film animé représentant les mouvements de l'appareil.
"Je ne veux pas mourir"
"Je ne veux pas mourir", répète trois fois une voix masculine. A 9h36 on entend des cris féminins. "Tout va bien, j'ai fini", dit plus tard en arabe un kamikaze selon une traduction anglaise de ses propos. Les deux pilotes de l'appareil et une hôtesse ont sans doute été tués au cours de ces minutes. Pendant ce temps, des passagers ont passé des appels décrivant trois terroristes (ils étaient quatre), portant des bandanas rouges, armés de couteaux. Ayant connaissance des événements à New York, ils ont décidé de se rebeller.
Peu avant 10h00, on entend dans le cockpit : "Ils veulent rentrer. Tiens l'intérieur". Les kamikazes invoquent Allah. "Dans le cockpit ! Sinon nous allons tous mourir !", crie un passager. L'avion tangue : un terroriste veut déstabiliser les passagers. Il est 10h00, l'avion commence à se pencher dangereusement sur un côté. "Allah est le plus grand ! (...)". L'avion, d'abord sur le dos, est désormais à la verticale. A 10h03, il s'écrase.
La parole à la défense
Pendant la diffusion de ces enregistrements, Moussaoui a souri à de nombreuses reprises. Peu après la diffusion, les procureurs ont annoncé qu'ils avaient terminé leur démonstration
Jeudi, la défense doit commencer à présenter les circonstances atténuantes qui, selon elle, doivent lui épargner l'injection mortelle. Le Français a par ailleurs le droit de prendre la parole, peut-être dès jeudi.
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