
Le projet s'appelle TIRANNT pour "Theater Iran Near Term" (théâtre iranien à l'approche de son échéance). Derrière cet acronyme se cache un plan américain pour une opération en Iran, notamment pour contrôler le détroit d'Ormuz. Mais il date de 2003, avant l'invasion de l'Irak voisin. Washington planifiait alors une opération militaire d'envergure, avec des attaques au missile, une invasion terrestre et un déploiement naval pour contrôler le détroit, selon William Arkin, un analyste militaire cité dans The Washington Post, dimanche.
Les Américains et les Britanniques s'étaient préparés à l'opération en participant à un exercice militaire dans la mer Caspienne, selon l'analyste. Selon des sources militaires, l'opération avait été confiée en 2002 au général John Abizaid, entre temps nommé chef du Commandement central américain. Mais les préparatifs avaient plus sérieusement démarré en mai 2003, lorsque les services de renseignement rassemblèrent toutes les données nécessaires. Depuis lors, ce plan a été actualisé en se servant d'informations.
Plus forts qu'Al-Qaïda
Ces derniers temps, tout en assurant que l'heure restait à la diplomatie, Washington a opportunément laissé entendre dans la presse que l'option d'un raid contre les installations iraniennes était envisageable. Dimanche, toutefois, deux anciens spécialistes du Conseil national de sécurité américain ont averti qu'une telle intervention serait plus dommageable aux intérêts américains que l'actuelle lutte que mènent les Etats-Unis en Irak.
Richard Clarke et Stevens Simon, chargés de coordonner la lutte contre le terrorisme sous l'administration Clinton et Bush administrations, écrivent dans le New York Times que l'Iran pourrait dans un premier temps s'attaquer aux installations pétrolières et aux tankers ce qui auraient pour résultat de faire bondir les prix au dessus des 80 dollars le baril. Plus probablement, toujours selon eux, l'Iran pourrait utiliser son réseau terroriste. "L'Iran dispose de forces de loin supérieures à celle d'Al Qaïda", rappellent les deux experts.
29 cibles
Le Sunday Times, se fondant sur des sources iraniennes, assure dimanche que Téhéran a formé 40 000 kamikazes pour attaquer les objectifs britanniques ou américains si les installations nucléaires du pays sont la cibles de raids occidentaux. Le Sunday Times cite un responsable des Gardiens de la Révolution iranienne du nom de Hassan Abbasi. Selon lui, 29 cibles occidentales potentielles ont été déterminées. Les volontaires ont dû indiquer s'ils préféraient se jeter sur des cibles américaines ou israéliennes.
Le président américain George W. Bush devrait profiter de la visite de son homologue chinois Hu Jintao cette semaine aux Etats-Unis pour tenter de le convaincre de soutenir l'action du Conseil de sécurité de l'ONU. La Chine et la Russie sont les deux seuls membres permanents du Conseil, dotés du droit de veto, à s'opposer à d'éventuelles sanctions contre Téhéran. La Chine a des intérêts économiques et énergétiques en Iran.
D'après AFP
(Image : des installations nucléaires en Iran)
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