L'ex otage en Irak Jill Carroll (TF1/LCI/dr) © TF1/LCILa journaliste américaine Jill Carroll, libérée jeudi après 12 semaines de captivité en Irak, a déclaré "renaître", à son arrivée dimanche à Boston, selon son journal.
Jill Carroll, une jeune pigiste de 28 ans qui travaillait principalement pour le Christian Science Monitor, est arrivée vers 12h25 locales à bord d'un avion de la Lufthansa. Elle avait quitté Bagdad samedi à bord d'un avion militaire pour la base américaine de Ramstein, en Allemagne.
"Je me sens vraiment bien"
Elle n'a pas fait de déclaration à son arrivée, mais selon le site internet de son journal, elle a dit à une de ses collègues qui la raccompagnait aux Etats-Unis : "Je sens finalement que je renais. Je me sens vraiment bien".
L'équipage de l'avion lui a donné un journal américain dans lequel plusieurs articles lui étaient consacrés. Elle a embrassé une photo de son père qui y était publiée. Aussitôt après son arrivée à Boston, elle a retrouvé sa soeur jumelle Katie, son père Jim et sa mère Mary Beth, dans un lieu gardé secret.
Vidéo de propagande sous la menace
Jill Carroll avait fait savoir samedi par l'intermédiaire de son journal qu'elle avait participé sous la contrainte à une vidéo dans laquelle elle avait critiqué le gouvernement américain à la veille de sa libération. "Au cours de ma dernière nuit de captivité, mes ravisseurs m'ont contrainte à participer à une vidéo de propagande", a-t-elle expliqué dans un texte lu à la télévision américaine par le patron du Christian Science Monitor.
"Ils m'ont dit qu'ils me laisseraient partir si je coopérais. Je vivais dans un environnement menaçant sous leur contrôle, et je voulais rentrer chez moi en vie. Alors j'ai accepté". "Les choses que j'ai été contrainte de dire sont maintenant prises par certains comme le reflet de mes vues personnelles. Ce ne sont pas mes vues personnelles. Les gens qui m'ont enlevée et ont tué Alan Enwiya (son interprète) sont des criminels", dit-elle. "J'étais et je reste très en colère contre les gens qui ont fait cela".
Le soutien d'un ancien du Vietnam
La jeune femme, installée à Bagdad depuis 2003 et enlevée le 7 janvier dans la capitale alors qu'elle se allait à un rendez-vous, avait dans cette vidéo critiqué les Etats-Unis, fait l'éloge de la rébellion en Irak et prédit la victoire des insurgés.
Interrogé à ce sujet dimanche, le sénateur républicain John McCain, lui même ancien prisonnier de guerre au Vietnam, a pris la défense de la jeune journaliste. "On comprend que quand on, se trouve, captif, dans ce genre de situation, on fait des choses sous la contrainte", a-t-il souligné sur la chaîne de télévision NBC. "Que Dieu la garde, nous sommes contents qu'elle soit rentrée".
Jill Carroll avait été enlevée le 7 janvier à Bagdad. Ses ravisseurs, un groupe armé se faisant appeler les "Brigades de la vengeance", avaient menacé de la tuer si les prisonnières en Irak n'étaient pas libérées. Son interprète avait été tué par balle le jour même.
Photo : Jill Carroll retrouve les siens
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