TF1/LCI © TF1/LCI"Il n'y a jamais eu un accusé aussi difficile que celui-ci", a déclaré lundi la juge Leonie Brinkema au tribunal fédéral d'Alexandria alors que les jurés venaient de quitter la salle pour entamer leurs délibérations sur le sort de Zacarias Moussaoui. "Il n'appréciera probablement jamais les efforts que vous avez fait", a ajouté la magistrate à l'adresse des avocats ayant défendu contre son gré Moussaoui, accusé de complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre. En quittant la salle, Moussaoui, pour une fois, n'a rien dit, mais il a applaudi lentement, et affiché un grand sourire ironique. Pour le condamner à la peine de mort, les jurés doivent être unanimes. Si l'un seul d'entre eux refuse de voter pour, il sera condamné à la prison à vie. Peu après 17h30, ils se sont séparés pour la soirée, après trois heures de réunion. Leurs délibérations reprendront mardi à 8h30.
"Un réquisitoire d'une rare violence"
Auparavant, la juge leur avait longuement expliqué la démarche à suivre en droit. Ces neuf hommes et trois femmes devront décider si l'accusation a prouvé au moins une des trois circonstances aggravantes imposées par la loi fédérale pour qu'il soit condamné à mort : que l'acte de Moussaoui a mis en danger la vie de personnes autres que les victimes, qu'il a été prémédité, qu'il a été commis de manière particulièrement cruelle. L'accusation a présenté sept autres circonstances aggravantes "non statutaires". La défense a pour sa part fait la liste de 23 circonstances atténuantes, en particulier le rôle vague ou marginal de Moussaoui dans les attentats du 11-Septembre, l'absence des commanditaires des attentats et son éventuelle schizophrénie. Dans la matinée, défense et accusation avaient présenté leurs derniers arguments (Lire notre article). Le 3 avril, les douze jurés avaient estimé que le Français était passible de la peine de mort pour la complicité qu'il revendique avec les auteurs des attentats de 2001, trois semaines après son arrestation dans le nord des Etats-Unis.
L'avocat français de Zacarias Moussaoui, Me François Roux, a espéré que les jurés privilégieraient la "raison" sur l'"émotion" et dénoncé un réquisitoire "d'une violence rare", alors que les procureurs ont une nouvelle fois montré lundi des images de corps carbonisés.
D'après AFP
(Un des croquis d'audience TF1/LCI)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




