© INTERNEL'enquête sur la mort de Slobodan Milosevic dans sa cellule, dont les conclusions ont été dévoilées mercredi, exclut toute hypothèse d'empoisonnement. "Le parquet a clos l'enquête sur la mort de M. Milosevic. Il est parvenu à la conclusion que M. Milosevic est décédé de mort naturelle et qu'il n'y a pas d'indications que la mort résulte d'un crime". C'est ce qu'a indiqué le procureur du parquet néerlandais dans un communiqué publié à La Haye, qui apporte donc un démenti aux accusations des proches de l'ancien leader serbe et de certains de ses partisans.
Selon les analyses, Slobodan Milosevic est décédé le 11 mars vers 7H45, "en tous les cas entre 7 heures et 9 heures ". Les analyses toxicologiques n'ont montré "aucune indication d'empoisonnement ni de facteur toxicologique qui pourrait avoir provoqué l'arrêt cardiaque", poursuit le parquet, notant qu'il ne présentait "aucune trace de violence externe".
"Plusieurs maladies cardiaques graves"
La conclusion définitive des analyses confirme les résultats provisoires rendus publics le 12 mars, qui indiquaient que "la cause de la mort de Slobodan Milosevic est un infarctus du myocarde". L'Institut médico-légal néerlandais (NFI) a confirmé que "plusieurs maladies cardiaques graves ont été détectées qui ont causé l'arrêt cardiaque". Le parquet a précisé également qu'aucune trace de médicament qui n'aurait pas été prescrit à Milosevic n'avait été trouvée dans ces analyses, notamment pas de rifampicine, un antibiotique qui aurait pu agir contre ses médicaments pour la circulation.
Le corps sans vie de l'ancien président yougoslave, dont le procès entamé en février 2002 avait été souvent suspendu en raison de ses problèmes cardio-vasculaires, avait été découvert le 11 mars dans le centre de détention du TPI à Scheveningen. Au lendemain de sa mort, ses conseillers juridiques avaient exhibé une lettre adressée le 8 mars à l'ambassade de Russie, dans laquelle Milosevic accusait les médecins désignés par le Tribunal de "détruire (sa) santé". Et des analyses réalisées en janvier avaient révélé dans son sang la présence de médicaments contre la tuberculose et la lèpre, qui ont pour effet de neutraliser les autres médicaments. L'Institut médico-légal de La Haye avait été chargé de l'autopsie et d'une analyse toxicologique destinée à établir les causes de la mort alors que des informations de presse avaient aussi révélé la présence d'alcool et de médicaments n'ayant pas été prescrits pas les médecins néerlandais dans la cellule de l'ancien président fin 2005 et début 2006.
Le rapport publié mercredi "met fin officiellement à l'enquête indépendante" menée par les Pays-Bas. Le TPI a par ailleurs ordonné une enquête interne. Celle-ci "portera essentiellement sur le traitement médicamenteux prescrit à Slobodan Milosevic alors qu'il se trouvait au Quartier pénitentiaire", a indiqué mercredi le TPI dans un communiqué. "Cette enquête interne devrait être achevée prochainement". Le Tribunal a également annoncé vendredi dernier que "le gouvernement suédois a accepté de mener un audit indépendant du centre de détention".
Photo d'ouverture : Slobodan Milosevic à La Haye - archives
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