
Après la fin de la présentation de l'accusation, le procès de Zacarias Moussaoui est entré ce jeudi dans sa dernière phase avec l'entrée en scène de la défense.
Juste avant, l'accusé a été autorisé à prendre la parole et à s'adresser directement aux jurés, pour la deuxième fois depuis le début de son procès. Et comme la première, il a sabordé le travail de ses avocats. Il a notamment affirmé qu'ils ne voulaient pas lui éviter la peine de mort, mais se faire de la publicité sur son cas. "Vous faites preuve de non-assistance criminielle" a-t-il lancé. Il a ensuite ajouté qu'il aurait souhaité avoir un avocat musulman si on lui avait donné le choix. Je voulais quelqu'un en qui je puisse avoir confiance", a-t-il dit.
"Je souhaite qu'il y ait encore plus de souffrance"
Zacarias Moussaoui a également indiqué qu'il aurait souhaité que les attentats du 11septembre se poursuivent "le 12, le 13, le 14 (...) septembre". "Tout ce que je pourrai faire pour vous faire du mal, je le ferai. Je n'ai pas de remords pour la justice ", a lancé le Français en regardant droit dans les yeux le procureur Robert Spencer. Lorsque celui-ci a souligné qu'il avait notamment souri en assistant cette semaine aux scènes de destruction et de mort au Pentagone, l'un des sites visés par les attaques, il a répondu : "J'aurais même ri si je n'avais pas su que cela m'aurait valu une expulsion de la salle d'audience".
Zacarias Moussaoui a aussi qualifié les Etats-Unis de "tête du serpent" qu'il faut "détruire d'abord", en justifiant les attaques. "Vous (les Américains) êtes pour moi la tête du serpent. Si nous voulons détruire l'Etat juif de Palestine nous devons vous détruire d'abord". Interrogé par son avocat Gerald Zerkin s'il éprouvait des regrets pour les familles des victimes, Moussaoui a répondu : "non, jamais". Pour deux raisons. La première : je trouve dégoûtant que des gens viennent ici exposer leur douleur dans le but d'obtenir la mort de quelqu'un. La seconde : nous l'avons fait pour cela : nous voulons infliger la souffrance. Je souhaite qu'il y ait encore plus de souffrance".
"Il pourrira en prison"
Ces nouvelles tirades risquent d'aggraver la tâche de ses conseils, qui doivent présenter les circonstances atténuantes qui pourraient lui épargner la peine de mort. Leur premier témoin : James Evans Aiken, consultant en matière de sécurité pénitentiaire. Il était appelé pour expliquer aux jurés que s'ils décidaient de condamner Moussaoui à la prison à vie et non à la peine de mort, il poserait un risque minimum à la société, compte-tenu de ses conditions d'incarcération.
Il a donc assuré que le Français serait maintenu à l'isolement absolu et "pourrirait" en prison s'il n'était pas exécuté. "Nous ne nous apprêtons pas à le rendre à la société ou même à le réintégrer dans la population carcérale générale", a-t-il indiqué. "Son état se détériorera, spécialement dans un environnement de haute sécurité comme celui-ci. J'ai été dans ce système pendant de nombreuses années, et j'ai vu (les prisonniers) pourrir", a-t-il souligné.
La juge en charge du procès a suspendu l'audience de manière inattendue en annonçant aux jurés qu'ils seraient probablement appelés à délibérer dès la semaine prochaine, plus tôt que prévu.
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