© INTERNE"A beautiful terrorist mind !" En français : "un magnifique cerveau de terroriste". C'est ce qu'a lancé, ironique, Zacarias Moussaoui, mardi, lors d'une suspension d'audience, alors qu'un éminent psychiatre venait de passer plus d'une heure à démontrer sa schizophrénie devant le tribunal d'Alexandria, aux Etats-Unis. Le Français, qui risque la peine de mort pour complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, a ainsi repris à son compte, en le déformant, le titre du film "A beautiful mind" (Un homme d'exception) de Ron Howard.
L'un de ses avocats, Gerald Zerkin, y avait fait référence le 6 avril, expliquant aux jurés que, comme le héros de ce film sorti en 2002, le mathématicien John Nash, on pouvait être doté d'une intelligence supérieure et être à la fois atteint de schizophrénie. Cette maladie, si elle était confirmée, serait une "circonstance atténuante" qui, selon la défense, devrait amener les jurés à épargner l'injection mortelle à leur client.
"Tous les symptômes"
Xavier Amador, le psychologue spécialiste de cette pathologie, a expliqué pourquoi il était persuadé que le Français était atteint de schizophrénie paranoïaque. Parfois, Moussaoui "est complètement normal, comme en ces moments", a-t-il noté en regardant l'accusé qui a toujours nié être atteint de la moindre maladie mentale. Mais tout indique qu'il est schizophréne, selon le médecin : il nie son état de santé, il pense que ses avocats veulent le tuer, il a assuré "140 fois" à ses geôliers que George W. Bush ordonnerait sa libération.
"Une totale maîtrise"
Le psy a ensuite été interrogé longuement par l'un des procureurs, David Novak, qui a tenté de le décrédibiliser en soulignant qu'il avait accordé quatre entretiens à la presse, en violation des règles édictées par le tribunal. Ensuite le magistrat s'est efforcé de souligner à quel point Moussaoui avait semblé contrôler ses actes depuis son arrestation, rappelant que l'accusé ne délirait que devant les journalistes, après le départ des jurés. "Oui" a admis l'expert, en tentant d'expliquer que Moussaoui cherchait peut-être à cacher des pensées qui pourraient le faire apparaître comme fou.
L'audience doit se poursuivre mercredi. La juge chargée de l'affaire a par ailleurs noté que le procès ayant pris du retard, les plaidoiries finales, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, devraient intervenir lundi. Le Français comparaît depuis le 6 février. En avril 2005, il a plaidé coupable de complicité avec les kamikazes et risque au minimum de ce fait la réclusion à perpétuité, sans libération possible.
D'après AFP
(Image d'archive : TF1/LCI)
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