
Le pape allemand Benoît XVI, choisi le 19 avril 2005 par les cardinaux pour succéder à la tête de l'Eglise catholique à Jean Paul II, a célébré dimanche matin, jour de ses 79 ans, sa première "messe de la résurrection" place Saint-Pierre.
Il a ensuite délivré le traditionnel message "urbi et orbi" (ndlr : à la ville et au monde) du balcon de la basilique Saint-Pierre, sous les caméras de 102 télévisions de 65 pays. Ces mêmes caméras, qui l'an dernier, avaient diffusé les images d'un Jean-Paul II, presque paralysé et condamné au silence. Le souverain pontife, qui devait décéder quelques jours plus tard, avait dû se résigner à n'être qu'un spectateur des célébrations.
Cri d'alarme
Dans son message pascal, il a appelé à la recherche d'une "convivialité pacifique" entre les peuples, les cultures et les religions du monde avec une mention particulière pour le Darfour et le Proche-Orient. Le souverain pontife a appelé Israéliens et Palestiniens à dialoguer pour surmonter les obstacles "anciens et nouveaux" à une solution au conflit en Terre Sainte, alors que la victoire du Hamas aux élections palestiniennes a modifié la donne. S'écartant de son texte écrit, le souverain pontife a souhaité que soit évitée "la tentation des représailles".
Benoît XVI a lancé un cri d'alarme en faveur des populations du Darfour "qui s'enfoncent dans une dramatique situation humanitaire", et a évoqué de nombreux peuples d'Afrique (grands Lacs, corne de l'Afrique, Côte d'Ivoire, Ouganda et Zimbabwe) "qui aspirent à la réconciliation, à la justice et au développement".
Sans citer nommément l'Iran, il a appelé à "des négociations sérieuses et loyales" sur les questions nucléaires "pour parvenir à un arrangement honorable pour tous". Benoît XVI a souhaité "que se renforce chez les responsables des nations et des organisations internationales la volonté d'atteindre une convivialité pacifique entre ethnies, entre cultures et entre religions, qui éloignera la menace du terrorisme".
La "sérénité" et la "concorde"
Le souverain pontife a aussi eu une pensée pour l'Irak en souhaitant que la paix "prévale enfin" sur "la violence tragique qui continue à faire des victimes". Il n'a pas oublié l'Amérique latine où les conditions de vie des habitants doivent "être améliorées" et les institutions démocratiques "consolidées, et a condamné la "plaie" des enlèvements et des séquestrations dans plusieurs pays du continent.
Le pape a souhaité pour finir que les Italiens trouvent "la sérénité" et la "concorde" nationale dans le "moment particulier que vit l'Italie", alors que les élections législatives, dont les résultats ne sont toujours pas proclamés, ont montré un pays divisé en deux.
Samedi soir, le pape a célébré la veillée pascale dans la basilique vaticane. Vendredi soir, le souverain pontife avait conduit le traditionnel chemin de croix du Colisée, au centre de Rome, là où les premiers chrétiens étaient livrés aux lions pour avoir refusé d'abandonner leur foi. Il avait conclu la procession commémorant la mort du Christ, suivie par des milliers de Romains, par une évocation des souffrances de l'humanité d'aujourd'hui: "les enfants abandonnés et abusés", "les menaces contre la famille", la division du monde entre riches et pauvres.
(Le pape dimanche matin au Vatican)
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