Manifestation à Katmandou, samedi, pour la démocratieDes centaines de milliers de Népalais ont défilé samedi dans les rues de Katmandou contre le roi Gyanendra et pour le rétablissement de la démocratie. Des journalistes et un diplomate sur place évaluaient le nombre des manifestants à 200.000, voire 300.000, descendus dans la rue pour défier le couvre-feu et la police anti-émeutes. Les protestataires sont allés samedi plus loin dans le centre de Katmandou qu'à aucun autre moment depuis le début du mouvement lancé contre le roi il y a plus de deux semaines.
La police a tiré sur des milliers de manifestants qui convergeaient vers le palais royal, faisant des dizaines de blessés, selon des témoins et médecins. Plus de 80 opposants ont été admis avec des blessures provoquées par des balles, des tirs de gaz lacrymogènes ou des coups au Kathmandu Model Hospital, selon des sources médicales. Douze se trouvaient dans un état critique. Selon des témoins, l'armée a pris position autour du palais royal où se trouverait le souverain.
"Faire partir le roi"
De très nombreux habitants s'étaient massés le long des artères pour encourager les protestataires et les asperger d'eau afin de les aider à supporter la chaleur. "Nous ne pouvons en aucun cas nous rallier au gouvernement et la grève générale et les manifestations pacifiques vont se poursuivre", a averti l'alliance formée par les principaux partis politiques de l'opposition népalaise, alors que dans la rue les manifestants appelaient à la création d'une république.
Le roi Gyanendra, qui s'est arrogé en février 2005 les pleins pouvoirs, avait annoncé vendredi qu'il voulait rendre le pouvoir au peuple et avait demandé aux partis de désigner un Premier ministre. Le grand voisin indien avait aussitôt salué l'offre du souverain, qui, selon l'analyse de New Delhi, devait "à présent ouvrir la voie à la restauration de la stabilité politique et au rétablissement économique du pays". Réaction similaire aux Etats-Unis. Mais pour l'opposition, "la proclamation royale n'a pas réussi à répondre aux questions de l'alliance des sept partis sur une feuille de route" vers un retour à la démocratie. Les maoïstes, qui combattent le pouvoir depuis 10 ans dans une guérilla ayant fait quelque 12.500 morts, ont eux aussi opposé une fin de non-recevoir à ce qu'ils ont qualifié de "conspiration féodale", appelant "à ce que la souveraineté du peuple soit restaurée par des élections pour une assemblée constituante".
Image LCI. Manifestation à Katmandou, samedi, pour la démocratie.
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