Le procès de Moussaoui dans sa dernière phase

le 24 avril 2006 à 09h04 , mis à jour le 24 avril 2006 à 09h07

Zacarias Moussaoui sera prochainement fixé sur son sort. La journée de lundi est consacrée aux réquisitions et aux plaidoiries. Après les derniers arguments de l'accusation et de la défense, les jurés se réuniront pour décider au sort du Français qui risque la peine capitale.

Zacarias Moussaoui dessin

Les jurés au procès de Zacarias Moussaoui, le premier aux Etats-Unis en lien avec les attentats du 11-Septembre, doivent commencer à délibérer lundi pour décider si le Français doit être condamné à mort. Lundi matin, l'accusation et la défense présenteront au tribunal fédéral d'Alexandria en Virginie, leurs réquisitions et plaidoiries finales, derniers arguments dans cette affaire qui les mobilise depuis plus de quatre ans, puis les jurés se retireront pour décider du sort du Français.

Le 3 avril, ces neuf hommes et trois femmes avaient déjà estimé que le Français de 37 ans, interpellé dans le nord des Etats-Unis le 16 août 2001, était "passible de la peine de mort". En le jugeant ainsi, les jurés avaient embrassé la théorie de l'accusation selon laquelle Moussaoui, un membre d'Al-Qaïda, aurait pu éviter, au moins en partie, les attentats qui ont entraîné la mort de quelque 3.000 personnes s'il n'avait pas menti aux policiers lors de son interpellation en niant être un terroriste et avoir des complices.

Moussaoui, dont on ne sait s'il cherche à mourir en martyr, avait auparavant facilité le travail de ses accusateurs, en affirmant le 27 mars qu'il était au courant de l'opération 11-Septembre. Il avait indiqué qu'il devait lui-même ce jour-là piloter un avion pour l'écraser contre la Maison Blanche, alors qu'il avait toujours nié devoir participer à cette vague d'attaques. L'accusation a depuis présenté les "circonstances aggravantes" qui justifient sa mort selon elle : la souffrance des victimes. Pour illustrer cette souffrance des témoignages, des vidéos, des enregistrements ont été diffusés durant le procès glaçant la salle, faisant pleurer jurés, témoins et même une avocate de Moussaoui.

Ses défenseurs ont pour leur part tenté de convaincre les jurés d'épargner le Français atteint selon eux d'une schizophrénie palpable dans ses écrits ou sa "folie des grandeurs", notamment lorsqu'il affirme qu'il sera sans nul doute libéré par le président américain George W. Bush. Ils ont cherché à neutraliser sa deuxième prise de parole, le 13 avril, lorsqu'il a souhaité la mort des Américains et des juifs, d'autres attentats, plus de souffrances.

le 24 avril 2006 à 09:04
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