Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Oslo (TF1/LCI) © TF1/LCILe président palestinien Mahmoud Abbas a suggéré mercredi à Oslo aux Etats européens de faire transiter l'aide financière par ses caisses propres. Ce mécanisme permettrait aux Européens d'aider les Palestiniens sans pour autant remettre en cause leur embargo diplomatique sur le gouvernement des islamistes du Hamas.
Le Premier ministre de Norvège, l'une des étapes de la tournée européenne d'Abbas, a poliment indiqué que cette option était examinée. Mais il a répété que le versement d'une "aide budgétaire directe" au gouvernement du Hamas était conditionné à "des clarifications sur sa politique" concernant la reconnaissance d'Israël et le renoncement à la violence. Les aides directes de l'UE représentent un peu plus de 200 millions d'euros. Avec les aides humanitaires (non concernées par l'embargo), l'Union débourse chaque année 500 millions d'euros.
Mahmoud Abbas a également a appelé à l'organisation "immédiate" d'une conférence internationale pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Il a souligné qu'en tant que président de l'Autorité palestinienne et de l'OLP, il avait les mains libres pour négocier avec Israël. Et pourquoi pas à Oslo, qui avait abrité des discussions secrètes sur l'autonomie palestinienne au début des années 90. Israël a accueilli fraîchement l'appel.
Paris entre deux feux
Plus encore que ses partenaires européens, la France, où Abbas est arrivé jeudi soir, est gênée par la décision d'isoler le gouvernement palestinien. Elle ne souhaite pas lâcher Mahmoud Abbas, un modéré apprécié des Occidentaux. Elle souhaite encore moins donner le sentiment au peuple palestinien qu'elle l'abandonne. D'autant qu'au nom de la cohérence politique européenne, Paris est devenue cette semaine le premier Etat membre à refuser un visa à un ministre palestinien.
Mercredi, Eric Rouleau, ancien ambassadeur français, a estimé que le bureau du président palestinien était "une bonne adresse postale : l'argent peut passer par lui". Paris n'a pas encore officiellement pris position sur la proposition de Mahmoud Abbas. Le chef de l'Etat devrait évoquer la création d'un fonds géré par la Banque mondiale afin de payer directement les fonctionnaires. Mais la France reste à l'affût du moindre signe d'évolution du Hamas. Mardi, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a estimé que la condamnation par le Hamas des attentats en Egypte était "un élément de politique étrangère majeur".
(Image LCI/TF1 : Mahmoud Abbas, mercredi à Oslo)
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