Proche-Orient : Abbas se pose en interlocteur unique

Par Par David STRAUS, le 27 avril 2006 à 10h45 , mis à jour le 27 avril 2006 à 22h14

Le président de l'Autorité palestinienne est arrivé à Paris jeudi soir dans le cadre d'une tournée pour convaincre les Etats européens de maintenir leur aide aux territoires. A Oslo, le leader s'est dit légitime pour collecter cet argent ou négocier avec Israël, directement. Ce qui permettrait aux Européens de maintenir l'isolement du gouverment du Hamas.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Oslo (TF1/LCI)Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Oslo (TF1/LCI) © TF1/LCI

Le président palestinien Mahmoud Abbas a suggéré mercredi à Oslo aux Etats européens de faire transiter l'aide financière par ses caisses propres. Ce mécanisme permettrait aux Européens d'aider les Palestiniens sans pour autant remettre en cause leur embargo diplomatique sur le gouvernement des islamistes du Hamas.

Le Premier ministre de Norvège, l'une des étapes de la tournée européenne d'Abbas, a poliment indiqué que cette option était examinée. Mais il a répété que le versement d'une "aide budgétaire directe" au gouvernement du Hamas était conditionné à "des clarifications sur sa politique" concernant la reconnaissance d'Israël et le renoncement à la violence. Les aides directes de l'UE représentent un peu plus de 200 millions d'euros. Avec les aides humanitaires (non concernées par l'embargo), l'Union débourse chaque année 500 millions d'euros.

Mahmoud Abbas a également a appelé à l'organisation "immédiate" d'une conférence internationale pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Il a souligné qu'en tant que président de l'Autorité palestinienne et de l'OLP, il avait les mains libres pour négocier avec Israël. Et pourquoi pas à Oslo, qui avait abrité des discussions secrètes sur l'autonomie palestinienne au début des années 90. Israël a accueilli fraîchement l'appel.

Paris entre deux feux

Plus encore que ses partenaires européens, la France, où Abbas est arrivé jeudi soir, est gênée par la décision d'isoler le gouvernement palestinien. Elle ne souhaite pas lâcher Mahmoud Abbas, un modéré apprécié des Occidentaux. Elle souhaite encore moins donner le sentiment au peuple palestinien qu'elle l'abandonne. D'autant qu'au nom de la cohérence politique européenne, Paris est devenue cette semaine le premier Etat membre à refuser un visa à un ministre palestinien.

Mercredi, Eric Rouleau, ancien ambassadeur français, a estimé que le bureau du président palestinien était "une bonne adresse postale : l'argent peut passer par lui". Paris n'a pas encore officiellement pris position sur la proposition de Mahmoud Abbas. Le chef de l'Etat devrait évoquer la création d'un fonds  géré par la Banque mondiale afin de payer directement les fonctionnaires. Mais la France reste à l'affût du moindre signe d'évolution du Hamas. Mardi, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a estimé que la condamnation par le Hamas des attentats en Egypte était "un élément de politique étrangère majeur".

(Image LCI/TF1 : Mahmoud Abbas, mercredi à Oslo)

Par Par David STRAUS le 27 avril 2006 à 10:45
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2 Commentaires

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  • Lucien, le 27/04/2006 à 11h45

    Yaser Arrfat, grand ami de la France et de l'Europe, faisait aussi transiter les subisdes européens par ses propres caisses ... On a vu ce que ça a donné : financement des attentats, enrichissment personnel et de sa compagne et ... élection du Hamas. Sera-t'on plus circonspect cette fois ci ?

  • Jonathan, le 27/04/2006 à 11h21

    Depuis quand une comdamnation d'un attentat est un élément de politque majeur? Arafat ne comdamnait il pas les attentats perpreté par la branche armé du Fatah (son propre partie)? Une double language qui continu et c'est bien dommage. Il faut aider ces pauvres palestiniens qui ont été trahis par ses anciens chefs avec les millions de dollars d'aide volatilisé. Si M. ABBAS à les épaules assez costaud, il faut lui donner sa chance. Merci

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