Des proches de victimes contre l'exécution de Moussaoui

le 20 avril 2006 à 19h54 , mis à jour le 20 avril 2006 à 19h54

Plusieurs proches de victimes du 11-Septembre ont témoigné mercredi au tribunal fédéral d'Alexandria en faveur de la défense de Zacarias Moussaoui, qui risque la peine de mort pour sa complicité avec les auteurs des attentats.

zacarias moussaoui © INTERNE

Zacarias Moussaoui, jugé depuis le 6 février au tribunal fédéral d'Alexandria pour complicité avec les auteurs des attaques, n'a exprimé que mépris pour les victimes lors de sa dernière prise de parole, le 13 avril, mais cela n'a pas empêché des proches de victimes, opposées à la peine de mort, de venir à sa rescousse. Les témoins de la défense comme ceux de l'accusation n'ont pas le droit de déclarer ouvertement à l'audience leur préférence entre la peine de mort ou la prison à vie, mais leur choix en faveur pour l'une ou l'autre des parties donne une indication sur leur souhait pour le verdict.

"Au-delà de la vengeance"

"Dans notre famille, nous avions tous un sentiment très fort que nous ne devions pas nous laisser piéger par la tristesse", a déclaré Marilynn Rosenthal, qui a perdu son fils Josh, 44 ans, dans les attentats. Cette femme de 75 ans, sociologue de confession juive, a entrepris d'écrire un livre où elle relate le destin de son fils et celui du kamikaze qui a détourné l'avion pour le projeter contre la tour où il se trouvait. La peine de mort, "c'est ajouter plus de violence à la violence", avait-elle déclaré dimanche à l'AFP. Le livre, qui est encore en cours de rédaction, a pour l'instant pour titre "11-Septembre, au-delà de la vengeance". Six personnes sont ainsi venues expliquer aux jurés comment elles avaient surmonté la peine entraînée par la perte de leur être cher. Toutes ont résisté à la "haine", ont-elles dit, tentant indirectement de convaincre les jurés de ne pas les venger en donnant la mort.

"Nous sommes tous des enfants de Dieu"

Antonio Aversano, qui a perdu son père dans l'effondrement d'une des tours, a raconté en sanglotant qu'il avait un temps été un "salaud" avec lui. Ils se sont réconciliés, le 11 septembre 1999 et deux ans plus tard, son père est mort. "Je réalise à quel point la vie est précieuse", a-t-il déclaré en disant qu'il ne voulait pas que des terroristes "détournent sa vie", comme ils ont détourné des avions. Depuis, "je vis une vie de coeur, de compassion". C'est ce même message qu'a voulu faire passer, Robin Theurkauf, veuve de Tom, tué dans l'effondrement de la tour sud du World Trade Center, mère de trois enfants à l'époque âgés de 9, 11 et 12 ans. "L'espère humaine a des défauts, elle est déchirée (...) mais nous sommes tous des enfants de Dieu et aimés par Dieu", a-t-elle dit.

Un message d'espoir

L'accusation avait exposé pendant quatre jours des images de tours en feu et de corps carbonisés et fait venir plus de trente proches de victimes, de même que des blessés, pour exposer l'énorme souffrance entraînée par les attaques. La défense, dans le cadre de sa présentation des "circonstances atténuantes" fait ainsi passer un autre message, d'espoir et de main tendue, alors que le procès touche à sa fin. Auparavant, les avocats de Zacarias Moussaoui avaient appelé à la barre un psychologue et un psychiatre, qui ont assuré qu'il était atteint d'une schizophrénie, autre circonstance atténuante. Ils ont également exposé mercredi matin son glissement dans un islam extrémiste à Londres, au début des années 1990, par manque de repères culturels, et d'affection, selon le psychologue spécialiste des phénomènes sectaires Paul Martin.

(D'après AFP)

Photo Zaccarias Moussaoui. DR.

le 20 avril 2006 à 19:54
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