Prodi conquiert la Chambre mais peut-être pas le Sénat

le 10 avril 2006 à 15h01 , mis à jour le 11 avril 2006 à 12h30

L'Union de la gauche de Romano Prodi a obtenu 340 des 630 sièges de députés grâce à une avance de 25 224 voix sur la coalition de droite dirigée par Silvio Berlusconi. Mais, au Sénat, le camp sortant a décroché 155 des 315 sièges, contre 154 pour la gauche. Le vote des étrangers peut y boulerverser la donne. Le porte-parole de Silvio Berlusconi réclame un nouveau décompte des voix.

TF1/LCI italie berlusconi prodi resultats incertitude

Le chef de l'Union de la gauche Romano Prodi a revendiqué dans la nuit de lundi à mardi la victoire aux élections italiennes, confirmée officiellement pour la Chambre des députés, mais toujours incertaine pour le Sénat. Romano Prodi et ses alliés ont obtenu 340 des 630 sièges de députés en jeu grâce à une avance de 25 224 voix sur la coalition de droite dirigée par Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement sortant, selon les chiffres du ministère  de l'Intérieur.

Mais aucune des deux coalitions en lice n'a obtenu la majorité des élus au Sénat à l'issue du dépouillement des scrutins exprimés par les 47 millions d'électeurs de la péninsule au cours des deux journées du scrutin dimanche et lundi, toujours selon le ministère. L'Union de la gauche a obtenu 154 des 315 sièges de sénateurs et la coalition de Silvio Berlusconi 155, d'après le décompte officiel. Les votes des Italiens de l'étranger, qui élisent six sénateurs, seront donc  déterminants. L'issue devrait être connue dans la journée de mardi. Si le Sénat  passait à droite, l'Italie se retrouverait avec deux majorités opposées et serait difficilement gouvernable.

Victoire contestée

Romano Prodi a pourtant anticipé le résultat et revendiqué la victoire,  immédiatement contestée par le camp de Silvio Berlusconi. "Nous avons gagné", a-t-il annoncé à 1 heure du matin depuis la tribune installée devant son quartier  général à Rome. "Nous aurons 340 députés et nous gouvernerons pendant cinq ans", a-t-il  lancé sous les acclamations de ses partisans. "Nous tournons la page et nous devons travailler pour unifier le pays, pour mettre en oeuvre notre programme", a-t-il ajouté. "Nous contestons cette victoire et nous réclamons la vérification du décompte", a aussitôt répliqué Paolo Bonaiuti, le porte-parole de Silvio Berlusconi. "On parle d'un demi-million de vote annulés, il faut vérifier cela", a-t-il  ajouté.

Grâce à la poignée de voix d'avance à la Chambre des députés, Romano Prodi  et ses alliés ont bénéficié de la "prime au vainqueur" instituée par la réforme du système électoral votée six mois avant le scrutin et rétablissant la proportionnelle. La coalition arrivée en tête obtient en effet automatiquement 340 des 630 siéges de députés. L'Union a ajouté le siège obtenu par le candidat d'une petite  liste dans le Val d'Aoste (nord) et porte sa majorité à 341 élus. Silvio Berlusconi et ses alliés obtiennent pour leur part 277 députés. Les 12 députés élus par les Italiens de l'étranger complèteront la composition de la nouvelle chambre, a précisé le ministère.

La participation a été très élevée : 83,6% des 47 millions d'électeurs italiens ont voté lors de ce scrutin organisé sur deux jours. Le taux était de 81,4% lors des  législatives de mai 2001.

(photo : à la télévision italienne)

le 10 avril 2006 à 15:01
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100 Commentaires

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  • CMomo, le 11/04/2006 à 10h22

    Vous voyez que la France est en avance sur les autres pays. Hongrie coalition avec trahison au préalable, Italie union de la gauche (avec trahison précédemment) Nous on a déjà donné et on sait ce que cela donne: une minorité qui impose par terrorisme intellectuel son idéologie et surtout pas de solutions.

  • Luis, le 11/04/2006 à 09h48

    Comment peut-on vouloir à Berlusconi de s'allier avec la fille de Moussolini si Prodi s'allie avec les comunistes, Trotskistes et autres supporters de Pol Pot, Castro, Mao, et passons encore. Quelle triste et misérable mauvaise foi. Il y aura donc des bons totalitarismes - Mao, Staline, Castro, et des mauvais; Moussolini... Quand va-t-on enfin regarder les choses tels qu'elles sont?

  • Laure, le 10/04/2006 à 23h13

    FORZA ITALIA ! Les instituts de sondage français vont peut-être méditer là-dessus et arrêter nous bourrer le crâne ...

  • Jean, le 10/04/2006 à 23h12

    Et c'est dans cette optique que des groupes écologistes, communistes, des organisations humanitaires ou même des nationalistes chevronnées se retrouvent. Ce sont les perdants de la guerre froide qui ont aujourd'hui pris le maquis, et qui se battront jusqu'à ce que les richesses de nos pays, entre les mains des mêmes familles depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, soient enfin redistribuées, et leur voix quant au sort de notre continent soient enfin entendues.

  • Nous Frédéric, le 10/04/2006 à 22h58

    Suite aux remarques d'Emmanuelli à la radio, je me demande qui fait maintenant "tache sur l'échiquier politique européen". Comment les politiques peuvent ils manquer autant de réserve. Ils ne retiennent jamais les expériences passées. A quand le CPE pour les hommes politiques que nous puissions les virer "avec motifs".

  • Pierre, le 10/04/2006 à 22h56

    Dommage qu'en France on ait pas des hommes politiques de l'envergure d'un Bush ou d'un Berlusconi, le pays serait sûrement en meilleur santé. Bravo à Forza Italia.

  • OlivierL, le 10/04/2006 à 22h46

    Les italiens ont l'air de faire comme les français : avoir un pays ingouvernable. Sauf que la france, de ses 3 cohabitations, ne s'en est jamais sortie grandie ! bien au contraire ...

  • Jeez, le 10/04/2006 à 22h45

    C'est dingue, ces commentaires sont un veritable nid de conservatisme de droite aveugle. Personnellement, je ne comprend même pas comment Berlusconi peut jouer des coudes avec l'opposition, tant son bilan est catastrophique, ses déboires juridiques, politiques, et ses dérapages verbeaux ont fait la une. L'alliance avec la fille de mussolini, rien que ça, ça aurait du lui valoir l'ejection. Enfin, je trouvais vraiment que la France partait en live, mais là, ça serait la totale. Si l'année prochaine c'est Sarko, Bush et Berlusconi, c'est décidé : en 2007 je me tire une balle !

  • Cedric, le 10/04/2006 à 22h44

    Quel revirement! La mortadelle à visage humain se fait distancer. Non l'Europe n'est pas encore à gauche. FORZA ITALIA - FORZA BERLUSCONI

  • Patrice, le 10/04/2006 à 22h39

    N'oublions quand même pas que le Berlu, s'il n'est pas vraiment fasciste, est allié à de vrais fachos qui eux ne s'en cachent pas (ligue du nord et Cie)...L'Italie du XXIème siécle n'aurait-elle pas exorcisé tous ses démons ?

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