Tchad : les rebelles menacent la capitale

le 13 avril 2006 à 08h02 , mis à jour le 13 avril 2006 à 16h46

Des rebelles du Front uni pour le changement auraient réussi à pénétrer ce matin dans N'Djamena. Alors que pour le président Idriss Deby, "la situation est sous contrôle", le ministère français des Affaires étrangères juge la situation "très préoccupante".

carte tchad

Cliquez ici pour entendre le témoignage d'un Français résidant à N'Djamena

La menace rebelle se rapproche du centre du pouvoir tchadien. Quelques éléments du Front  uni pour le changement (Fuc) auraient même réussi jeudi matin une percée à l'intérieur de la capitale N'Djamena, dont les faubourgs ont été à l'aube le théâtre d'intenses combats avec l'armée tchadienne. La présence de ces rebelles, en nombre peu important, a été signalée dans le nord-est de la capitale, non loin du palais de l'Assemblée nationale. En milieu de matinée, la situation s'était toutefois calmée.

"La situation est sous contrôle", a pour sa part commenté un responsable  militaire tchadien sous couvert de l'anonymat. Le président tchadien Idriss Deby Itno a affirmé un peu plus tôt dans la  matinée sur Radio France Internationale que les colonnes de rebelles du Front  uni pour le changement (Fuc) qui ont attaqué N'Djamena avaient été détruites et  que la situation était "sous contrôle". Selon des sources humanitaires, des affrontements à l'arme lourde ont également eu lieu à l'aube dans la ville d'Adré, à plus de 800 km de  N'Djamena, à la frontière avec le Soudan.

Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allami, a accusé le Soudan, soupçonné de soutenir la rébellion, de mener une "agression programmée".

Le représentant du Fuc en France, l'ancien ministre tchadien des Affaires étrangères Laona Gong, avait lui affirmé hier soir sur une chaîne de télévision française que les rebelles contrôlaient "plus de 80%" du Tchad. Ces informations n'ont pas pu être confirmée de source indépendante.

Une situation "très préoccupante" pour Paris

 

Le ministère de la Défense a formellement démenti jeudi, par la voix de son porte-parole Jean-François Bureau, qu'il y ait eu des bombardements de villes de l'est du Tchad par des avions militaires français jeudi, comme l'affirme le Fuc. En revanche, il a indiqué jeudi qu'un Mirage avait tiré "un coup de semonce mercredi matin à l'est de N'Djamena dans la zone où une colonne de rebelles tchadiens faisait route vers la capitale". 
 
De son côté, le Quai d'Orsay juge la situation "très préoccupante et évolutive". "Des consignes de grande prudence sont maintenues pour la communauté française. Le lycée français est fermé jusqu'à nouvel ordre", a affirmé le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. "Les plans de sécurisation de la communauté française et des autres communautés expatriées sont bien évidemment à jour et peuvent être activés à tout moment", a-t-il ajouté. 

La France compte environ 1.500 ressortissants civils au Tchad, pour la plupart dans la capitale N'Djamena. Une grande partie est composée de représentants de sociétés françaises et leurs familles. S'y ajoutent quelque 1.200 militaires français prépositionnés au Tchad, où une compagnie de 150 hommes basée au Gabon vient d'être envoyée en renfort.

le 13 avril 2006 à 08:02
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