Tchad : les rebelles nient un soutien du Soudan

le 15 avril 2006 à 15h13 , mis à jour le 15 avril 2006 à 16h03

Le Front uni pour le changement (Fuc) au Tchad a réfuté samedi tout soutien du Soudan à sa rébellion armée contre le régime en place. Ils accusent le Tchad de recruter des mercenaires.

TF1/LCI Affrontements au Tchad

"Suite aux accusations très graves lancées à l'encontre du Soudan par Idriss Deby, nous réfutons catégoriquement l'ingérence des pays voisins (...) notre mouvement est un soulèvement populaire"(...), ont déclaré samedi les représentants à Paris du Front uni pour le changement (Fuc) et d'une faction du Mouvement pour la démocratie et  la justice au Tchad (MDJT). Créé en 1998, le MDJT a longtemps combattu le régime du président Deby avant de s'affaiblir et de signer en août 2005 avec N'Djamena un accord de paix. Une partie du mouvement a refusé cet accord.  Le président Deby a annoncé vendredi la rupture des relations diplomatiques  avec Khartoum. 

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Paul Barril, recruteur de mercenaires pour le Tchad

Le Fuc et le MDJT accusent, en revanche, le régime tchadien d'avoir "recruté des éléments de l'opposition armée du Darfour", région de l'ouest du Soudan où un conflit armé opposent depuis 2003 les milices djandjawids pro-Khartoum à des groupes rebelles dont fait partie l'ethnie Zaghawa d'Idriss Deby. "Pour preuve, nous avons capturé plusieurs prisonniers de la rébellion armée au Darfour", affirment le Fuc et le MDJT.

Ils accusent aussi le président Deby d'avoir "recruté, par le biais de l'ancien gendarme français Paul Barril, des mercenaires européens qui sont en partance pour la capitale à partir de Bangui (Centrafrique)". Le capitaine Barril a aussitôt démenti cette information. "Je n'ai jamais  fait dans le mercenariat", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant qu'il était un  "technicien de la lutte antiterroriste" et qu'il conseillait à ce titre "plusieurs chefs d'Etats arabes ou d'autres pays".

Les intérêts de la France protégés

Le communiqué du Fuc et de la branche du MDJT affirme en outre que les  prisonniers rebelles présentés vendredi par les autorités tchadiennes aux médias  dans l'est du Tchad, théâtre de combats jeudi près de la frontière soudanaise,  sont "en fait des populations civiles".

"Par ailleurs, la résistance n'a nullement l'intention de s'en prendre aux  intérêts de la France ou aux Français installés au Tchad. Notre objectif est  seulement l'éviction du président Deby qui a trahi son peuple", poursuit le  texte. La France, qui maintient quelque 1.200 militaires dans son ancienne colonie,  est accusée par le Fuc de soutenir "aveuglément" le président Deby et d'être  directement intervenue pour contrer l'offensive rebelle. Des accusations  formellement démenties par le ministère français de la Défense.

le 15 avril 2006 à 15:13
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